Et dans le vent qui chemine, c’est la nuit blanche des pleurs, dont la lumière orpheline, a vu le jour dans le cœur.
Écrivain, 1897-1950Et dans le vent qui chemine, c’est la nuit blanche des pleurs, dont la lumière orpheline, a vu le jour dans le cœur.
Écrivain, 1897-1950Partager sur
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Lettres à Poisson d'Or
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O soleil poignardé d’où jaillit le sang de l’aurore ! Mon cœur cette nuit s’est pris dans un lourd lacis de lianes et je n’ai point retrouvé la clairière du sommeil…
Mon cœur est tout pareil à ces matins voilés
D’automne où le soleil des beaux jours en allés,
Vaporeux à travers le ciel mélancolique,
Épanche une langueur de lumière angélique…
Il est d’étranges soirs où les fleurs ont une âme, où dans l’air énervé flotte du repentir, où sur la vague lente et lourde d’un soupir Le cœur le plus secret aux lèvres vient mourir.
Quand, les deux yeux fermés, en un soir chaud d’automne, Je respire l’odeur de ton sein chaleureux, Je vois se dérouler des rivages heureux Qu’éblouissent les feux d’un soleil monotone.
Quand les larmes coulent, le cœur se met à la fenêtre.
C’est le soir qui soulage Les esprits que dévore une douleur sauvage, le savant obstiné dont le front s’alourdit, et l’ouvrier courbé qui regagne son lit.
L’âme est le goût de l’absolu donc de la perte – la pelote de lumière lancée violemment contre le haut mur de la mort, et les rebonds qu’elle fait dans la pensée.
Et le soleil voyant le spectacle nouveau
A regret éleva son pâle front des ondes,
Transi de se mirer en nos larmes profondes.
L’amour est une lumière venue du ciel, une étincelle du feu immortel que les anges partagent.
La personne aimée semble immobile, éternelle sous nos baisers, mais, dès que le temps aux joues gonflées de vent souffle dessus, l’amour s’enfuit dispersé ne laissant au cœur qu’un peu d’odeur et un chagrin inconsolable.

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