Et il réussit, par un effort surhumain, à entendre la part de souffrance exprimée par cet homme, comme par n’importe lequel de ses patients, cette part qu’il lui est intolérable d’écouter.
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- Ô femmes sépharades ! À l’hypocrisie si forte qu’elles sont capables d’enlacer tendrement leur pire ennemie, juste après souhaité sa mort ! Ô étrange douceur sépharade, si proche de la douleur.
- Mais l’homme s’était nourri si longtemps de ses rêves que, mis en face de la brutale réalité, il ne put se résoudre à les voir disparaitre sans tenter un dernier effort.
- Ne pouvant se corriger de sa folie, il tentait de lui donner l’apparence de la raison.
- Il prit alors conscience qu’il y avait bien pire que détester quelqu’un pour ce qu’il avait fait : le détester pour ce qu’il n’avait pas fait.
- Il demeurait immobile, abruti d’étonnement et de souffrance...
- Il voulait être près des siens. Illusoire rempart à la fragilité des autres.
- Après que le malade a raconté son histoire une première fois, nous le convions à s’abandonner tout à fait aux pensées qui surgissent en lui et à faire part, sans aucune réserve critique, de ce qui lui vient à l’esprit.
- Il en voulait à la vie de cette maladie sur laquelle il n’avait aucun pouvoir et qui lui gâchait le meilleur de son existence.
- Je ne comprenais pas cet homme qui s’économisait et réfrénait ses élans. Ne rien montrer de peur de se sentir affaibli, je n’ai jamais pu comprendre ça. Chez moi, on se touche et on s’embrasse comme on respire.
- Parfois, il s’empêchait si fort de penser à elle, il en avait mal au ventre. Et, plié en deux, de tenir ainsi avec les mains son estomac noué, il concevait une sorte de vertige, son corps lui-même se révoltait contre, à proprement parlé, sa volonté.
- La terreur qu’il répandait était telle, que non seulement les gens du pays ne lui parlaient pas, mais qu’ils évitaient de parler de lui. On disait seulement : «Il a été en justice. ».
- Sous le silence prodigieux du couvent, il est comme un malade qui, la nuit, à l’heure où les bruits de la rue se sont tus, perçoit les battements de son coeur.
- Il eut une révélation soudaine. Il comprit tout à coup le caractère fastidieux de la vie où tout sentier représente l’imprévu et dont une part importante se passe à surveiller ses pas.
- Mais il ne décide pas de se tuer car la foi qui lui reste lui dit qu’il doit boire jusqu’à la lie ce calice de douleur, que cette douleur cruelle ancrée dans son coeur sera seule la cause de sa mort.
- Il ne pouvait confesser sa faute sans glisser malgré lui au besoin de la commettre encore en pensée.