Ne pouvant se corriger de sa folie, il tentait de lui donner l’apparence de la raison.
Écrivain, 1810-1857 Image : Charles Landelle, Domaine public, Wikimedia Commons Ne pouvant se corriger de sa folie, il tentait de lui donner l’apparence de la raison.
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Les Deux maitresses
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Il ne pouvait confesser sa faute sans glisser malgré lui au besoin de la commettre encore en pensée.
Il délire, mais sa folie ne manque pas de méthode.
Si seulement le fou s’obstinait dans sa folie, il deviendrait sage.
Il voulait être près des siens. Illusoire rempart à la fragilité des autres.
Parfois, il s’empêchait si fort de penser à elle, il en avait mal au ventre. Et, plié en deux, de tenir ainsi avec les mains son estomac noué, il concevait une sorte de vertige, son corps lui-même se révoltait contre, à proprement parler, sa volonté.
Il avait pour lui le respect d’un homme qui a pesé la vie dans tous les trébuchets du mépris et qui trouvait que rien n’est plus beau, après tout, que la force humaine écrasée par la stupidité du destin.
À l’égard du malheur qui tourmente la vertu, l’infortuné que le sort persécute a pour consolation sa conscience, et les jouissances secrètes qu’il retire de sa pureté le dédommagent bientôt de l’injustice des hommes.
Il demeurait immobile, abruti d’étonnement et de souffrance…
Il s’asseyait sur la crèche de ses bœufs, et avait peur que la charmeuse ne lui eût ôté le courage, la raison et la santé.
Tout ce qu’il pouvait était de donner le change à Leverdier, en laissant croire à cet ignorant de l’amour que son œuvre seule le désorbitait de la vie normale.

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