Il ne pouvait confesser sa faute sans glisser malgré lui au besoin de la commettre encore en pensée.
Romancier, 1840-1902Il ne pouvait confesser sa faute sans glisser malgré lui au besoin de la commettre encore en pensée.
Romancier, 1840-1902Partager sur
Source vérifiée
La Faute de l’abbé Mouret (1875), livre troisième
… Non, non, pas d’excuse! La maladie n’autorisait point le péché. C’était à lui de se garder, de retrouver Dieu, au sortir de la fièvre. Au contraire, il avait pris plaisir à s’accroupir dans sa chair. Et quelle preuve de ses appétits abominables!Il ne pouvait confesser sa faute, sans glisser malgré lui au besoin de la commettre encore en pensée.N’imposerait-il pas silence à sa fange! Il rêvait de se vider le crâne, pour ne plus penser; de s’ouvrir les veines, pour que son sang coupable ne le tourmentât plus. …
Texte du domaine public, transcription Wikisource (CC BY-SA).
Une erreur ? Proposer une correctionSignaler
Ne pouvant se corriger de sa folie, il tentait de lui donner l’apparence de la raison.
N’écoutant que son courage qui ne lui disait rien, il se garda d’intervenir.
L’habitude de la défiance et du mensonge figeaient ses traits dès qu’il cachait un sentiment vif.
Pourtant, il aurait préféré la vérité à la justice.
Il commença à se dire qu’il ne regrettait pas d’avoir eu une vie si tourmentée : il y avait gagné de l’expérience.
Il suffit d’inspirer le regret d’un tort, sans toujours exiger son aveu.
À mesure qu’il parlait, il se sentait le cœur plus libre, cela le soulageait de s’accuser.
Ne le plaignez pas trop : il a vécu sans pactes,
Libre dans sa pensée autant que dans ses actes.
Mais l’homme s’était nourri si longtemps de ses rêves que, mis en face de la brutale réalité, il ne put se résoudre à les voir disparaitre sans tenter un dernier effort.
Il commanda à ceulx qui estoient soubz sa charge, qu’ilz s’en retournassent au païs sans esventer ny publier sa mort.

Téléchargez-la gratuitement pour la partager sur Instagram, WhatsApp ou Pinterest, en gardant le nom de l’auteur.