Ne le plaignez pas trop : il a vécu sans pactes,
Libre dans sa pensée autant que dans ses actes.
Écrivain, 1868-1918Ne le plaignez pas trop : il a vécu sans pactes,
Libre dans sa pensée autant que dans ses actes.
Écrivain, 1868-1918Partager sur
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Cyrano de Bergerac (1897), acte V
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N’écoutant que son courage qui ne lui disait rien, il se garda d’intervenir.
Toutefois il ne fut point contrainct de faire ne de dire chose aucune derogante à sa dignité.
Sans triomphe, sans autorité, sans crédit, sans avoir gagné sa vie, sans avoir fait sa carrière, sans aimé, sans avoir souffert, on n’est rien. La mesure d’un homme ce sont ses victoires.
Après tout vit sa vie qui veut, et comme il le veut, la liberté des uns étant admise dans les limites où elle ne gêne pas celle des autres.
L’homme juste et ferme dans sa résolution, ni la fougue des citoyens donnant des ordres injustes, ni le visage d’un tyran menaçant ne l’ébranle ; car son cœur est solide. Le monde brisé viendrait-il à s’écrouler, ses ruines le frapperont sans l’effrayer.
Il ne pouvait confesser sa faute sans glisser malgré lui au besoin de la commettre encore en pensée.
Un homme d’action n’est pas déshonoré par une défaite.
La terreur qu’il répandait était telle, que non seulement les gens du pays ne lui parlaient pas, mais qu’ils évitaient de parler de lui. On disait seulement : « Il a été en justice. ».
Il n’y a pas, a-t-il dit un jour, de vie noble et supérieure, si l’on ne sait pas qu’il existe des diables et des démons et si on ne les combat pas constamment.
À présent, il n’avait plus aucune certitude sur rien à part celle d’être vivant. Pour lui, c’était la seule et unique vérité sur cette terre : tu étais vivant ou tu étais mort. Le reste n’était que croyances ou constructions de l’esprit.

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