Nous avançons dans la vie avec des mains rougies de criminel. Le déluge de notre mort les blanchira.
Écrivain, 1951-2022 Image : Vermeer&Velazquez, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons Nous avançons dans la vie avec des mains rougies de criminel. Le déluge de notre mort les blanchira.
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L'homme-joie
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Il y eut, jadis, une main pour nous conduire à la vie. Un jour y aura-t-il une main pour nous conduire à la mort ?
On se cache et l’on ment. N’ayant pu prévenir le vice, nous voici déjà dans le cas de le punir : voilà les misères de la vie humaine, qui commencent avec ses erreurs.
Aussi bien une vieillesse
Nous menace sur le port,
Qui toute courbe et tremblante
Nous attraine chancelante
La maladie et la mort.
Le fil rouge du meurtre se mêle à l’écheveau incolore de la vie. Notre affaire est de le débrouiller, de l’isoler, de l’exposer dans toutes ses parties… C’est du moins ce que dit mon ami Conan Doyle.
Toujours le Ciel et Dieu quand on commet des crimes !
Au nom du progrès, de la justice, de la liberté, de la nation ou de la religion, on ne cesse de nous embarquer dans des aventures qui se terminent par des naufrages.
À force de remettre à plus tard, la vie passe.
Quelle autre chose est le temps qu’une route précipitée qui nous conduit continuellement à la mort malgré nous.
On ressemble à la vie qu’on a menée.
Si les tueurs en série nous fascinent, c’est précisément parce que en dépit de leurs crimes atroces, ils restent à notre image.

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