Le prix que nous payons pour les apparences de confort et de progrès offertes par le monde occidental est bien trop grand. Ce prix, c’est la mort : non pas seulement la petite mort, mais le carnage à grande échelle.
Image : Le prix que nous payons pour...

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- Chaque jour, par tous les moyens, nous rendons la vie plus ennuyeuse, plus vaine. Un seul mot résume tout : gaspillage. Nos pensées, nos énergies, nos vies même ne servent plus qu’à créer de l’inutile, du malsain, du déraisonnable.
- L’Ouest dont je parle n’est rien qu’un synonyme du mot « sauvage », et ce que je me prépare à dire, c’est que dans la Vie sauvage repose la sauvegarde du monde.
- Prise dans son ensemble la nature sauvage justifiait une destruction totale, un holocauste universel - et la mission de l’homme sur la Terre était probablement d’accomplir cet holocauste.
- Crois-tu que la vie soit un passage d’une mort à l’autre ? Faut-il vraiment transiter par tant de morts pour arriver à vivre ?
- Mais que c’est bon aussi de mourir ! Alors que c’est bien fini et que s’étend sur nous peu à peu - L’obscurcissement comme d’un ombrage très obscur.
- Mais celui qui gagne le gros lot de la vie gagne du même coup le lot de la mort.
- Les gens craignent plus la mort que la souffrance. Or, la vie est souffrance. La mort nous en délivre. N’est-elle pas alors notre meilleure alliée ?
- La vie, sur Terre, est en train de mourir. L’ampleur du désastre est à la démesure de notre responsabilité. L’ignorer serait aussi insensé que suicidaire. Plus qu’une transition, je pense qu’il faut une révolution.
- La mort est un malheur prévu, les peines de la vie sont infinies. L’infini n’est-il pas le secret des grandes mélancolies ?
- Mais un attentat reste un attentat. A l’usure, on peut le gérer techniquement mais pas humainement. L’émoi et l’effroi ne font pas bon ménage avec le sang-froid. Lorsque l’horreur frappe, c’est toujours le coeur qu’elle vise en premier.
- Paysage de l’émotion, région supérieure de l’amour où nous construisons des tombeaux jamais occupés, lorsque la métamorphose physique finale est évoquée en votre présence l’homme prend quelque noblesse.
- Perdre la vie est peu de chose et j’aurai ce courage quand il le faudra. Mais voir se dissiper le sens de cette vie, disparaître notre raison d’existence, voilà ce qui est insupportable. On ne peut vivre sans raison.
- Quand on pense à des choses de ce genre : le mariage, la guerre, la prison, les estropiés nés, les tordus, les contrefaits, les idiots, les fous, les syphilitiques, on sent le prix du bonheur d’y avoir échappé - jusqu’ici, du moins.
- La mort, comme un terrier, comme une chambre aux rideaux fermés, comme la solitude, est à la fois horrible et tentante : on sent qu’on pourrait y être bien.
- Ce que les morts laissent aux vivants, c’est certes un chagrin inconsolable, mais aussi un surcroît de devoir de vivre, d’accomplir la part de vie dont les morts ont dû apparemment se séparer, mais qui reste intacte.