Mais un attentat reste un attentat. À l’usure, on peut le gérer techniquement, pas humainement. L’émoi et l’effroi ne font pas bon ménage avec le sang-froid. Lorsque l’horreur frappe, c’est toujours le cœur qu’elle vise en premier.
ÉcrivainMais un attentat reste un attentat. À l’usure, on peut le gérer techniquement, pas humainement. L’émoi et l’effroi ne font pas bon ménage avec le sang-froid. Lorsque l’horreur frappe, c’est toujours le cœur qu’elle vise en premier.
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L'attentat
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En fait de calomnies, tout ce qui ne nuit pas sert à celui qui est attaqué.
Aux moments de crise, ce n’est pas contre un ennemi extérieur qu’on lutte, mais toujours contre son propre corps.
Un instant de tendre abandon ne diffère d’un attentat à la pudeur que par l’absence de gendarme.
Une fois lancé dans sa fureur, il faut infiniment plus de vertu à l’acteur pour s’empêcher de commettre un crime qu’il ne faut de courage à l’assassin pour parvenir à exécuter le sien.
La perspective d’un châtiment modéré, mais auquel on est sûr de ne pouvoir échapper, fera toujours une impression plus vive que la crainte vague d’un supplice terrible, dont l’espoir de l’impunité anéantit presque toute l’horreur.
Il faut souvent plus de courage pour s’attaquer à des vétilles que pour lutter contre de graves abus.
Il ne faut pas avoir peur de la vie. Quand elle menace, on l’affronte…
La violence sucrée de l’imaginaire console tant bien que mal de la violence amère du réel.
L’aiguillon de la douleur est plus poignant, quand nous sommes battus par nos propres armes.
Au mal qu’on sent on ajoute celui qu’on craint ; la prévoyance de la mort la rend horrible et l’accélère.

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