34 citations pour se souvenir de nos défunts à la Toussaint
Le 1er novembre, jour de la Toussaint, et le 2 novembre, jour des défunts, beaucoup se rendent au cimetière pour fleurir la tombe de leurs proches. D’autres restent chez eux et prennent simplement un moment pour penser à ceux qui sont partis. Ce rendez-vous n’est pas toujours triste : c’est souvent le jour où l’on mesure tout ce qu’ils nous ont laissé.
Nous avons rassemblé ici des phrases d’écrivains qui ont su dire la mémoire, le manque et ce qui demeure. Chacune est rapportée à son auteur et à l’œuvre dont elle provient. Vous pouvez les lire pour vous-même, les partager avec vos proches, ou en recopier une sur une carte et la déposer près d’une photo ou d’une bougie.
Ils vivent encore en nous
Ceux qui sont partis continuent d’agir sur nous. Nous reprenons leurs gestes, leurs expressions, et nous comprenons parfois mieux qui ils étaient. Leur absence nous apprend aussi à aimer davantage ceux qui restent. Ces citations parlent de cette présence qui demeure.
À quoi serviraient les morts, sinon à aimer les vivants davantage ?
Qui peut dire si l’on ne maintient pas en vie la conscience de ceux qu’on a aimés en reproduisant leurs gestes, en reprenant leur tics, en vaporisant leur odeur ?
La mort perfectionne l’homme le plus parfait ; elle le rend sans défaut pour ceux qui l’ont aimé.
Ce n’est pas parce que les autres sont morts que notre affection pour eux s’affaiblit, c’est parce que nous mourons nous-mêmes.
Comme le souvenir que laisse un mort est supérieur à sa vie ! Il n’y a pas de déchets.
Ce que les morts laissent aux vivants, c’est certes un chagrin inconsolable, mais aussi un surcroît de devoir de vivre, d’accomplir la part de vie dont les morts ont dû apparemment se séparer, mais qui reste intacte.
C’est curieux comme on est, avec les morts : d’abord on jette dessus plein de bruits, de prières et de cris, ensuite on les recouvre sous des pelletées de silence. Dans les deux cas on ne veut rien en voir.
La mémoire et le souvenir
Se souvenir, ce n’est pas seulement regretter, c’est aussi garder ce qui a été beau. Ces phrases disent ce que la mémoire conserve, et parfois ce qu’elle laisse échapper.
Le parfum de l’âme, c’est le souvenir. C’est la partie la plus délicate, la plus suave du cœur, qui se détache pour embrasser un autre cœur et le suivre partout. L’affection d’un absent n’est plus qu’un parfum, mais qu’il est doux.
Un souvenir heureux est peut-être sur terre Plus vrai que le bonheur.
On garde le parfum en effeuillant la rose ; Il n’est si triste amour qui n’ait son souvenir.
Ah ! Quelle nécropole que le cœur humain ! Pourquoi aller aux cimetières ? Ouvrons nos souvenirs, que de tombeaux !
Il n’y a d’absence que pour un être capable de souvenir et d’attente.
J’attends que ma mère, sous la lune qui est son message, apparaisse peut-être. Mais seuls les souvenirs arrivent. Les souvenirs, cette terrible vie qui n’est pas de la vie et qui fait mal.
Aujourd’hui que je regrette encore mes chimères sans les poursuivre, je veux remonter le penchant de mes belles années : ces Mémoires seront un temple de la mort élevé à la clarté de mes souvenirs.
Le corps se perd dans l’eau, le nom dans la mémoire. Le temps, qui sur toute ombre en verse une plus noire, sur le sombre océan jette le sombre oubli.
Le manque au fil des ans
Le manque ne disparaît pas avec le temps : il change de forme. Il revient au détour d’un objet, d’une date ou d’une voix. Ces écrivains l’ont décrit sans détour, avec les mots de ceux qui l’ont vécu.
Mes morts étaient les meubles ôtés qui avaient fait l’harmonie de ma maison. Comme leur présence physique, tout à coup, m’a manqué ! Et comme je me suis manqué en leur absence !
C’est en regardant les objets du quotidien, tel un couteau à beurre, que l’on se rend compte que quelqu’un est parti et qu’il ne reviendra plus ; un stupide couteau à beurre qui taille à jamais des tranches de solitude dans votre vie.
J’éprouvais devant ce qui restait de Marie tout ce que signifie le mot « dépouille ». J’avais le sentiment irrésistible d’un départ, d’une absence.
Le jour approche, de l’anniversaire de la mort de mam. J’ai peur, de plus en plus, comme si ce jour-là (25 octobre) elle devait mourir une seconde fois.
Ta mort fait comme une île noire dans un océan de lumière. Pour te rejoindre, aucune barque. Il faudrait pouvoir marcher sur la lumière. Cela doit s’apprendre. Cela s’apprend.
C’est une chose fragile que la lumière du jour. On y grandit. On y marche. On y attend quelque chose, on ne sait trop quoi. Oui, mais voilà : où trouver la force d’attendre, quand le visage aimé est recouvert de terre ?
Un homme peut se résoudre à l’idée de perdre sa vie, mais pas à l’absence de ceux qu’il aime.
On ne s’habitue pas vite à la mort des autres. Comme ce sera long, quand il nous faudra nous habituer à la nôtre !
Il y a toujours, après la mort de quelqu’un, comme une stupéfaction qui se dégage, tant il est difficile de comprendre cette survenue du néant et de se résigner à y croire.
Le deuil pour seule culture, j’ai développé un chagrin solitaire et colérique. Il est difficile de discerner ce que nous ôtent, en mourant, ceux que nous avons aimés.
Devant la tombe
Pour beaucoup, la Toussaint est le seul jour de l’année où l’on se tient devant la tombe de ses proches. Ces citations accompagnent ce moment de recueillement, quand les mots manquent.
Paix à ce mort qui prie et qui vide ses haines Dans le sein du Seigneur et qui redevient beau. Ne trouble pas ce cœur qui des prisons humaines S’est évadé dans le tombeau.
Un peu profond ruisseau calomnié la mort.
Pour qu’un héritage soit réellement grand, il faut que la main du défunt ne se voie pas.
Les morts, on sait où ils vont, mais les vivants ? Leur éloignement est plus mystérieux que celui des morts.
Une lumière pour les vivants
Se souvenir des morts, c’est aussi se tourner vers la vie. Ces dernières citations regardent vers ce qui continue après eux, et grâce à eux.
Qui a aimé ne vit plus sans amour ; qui apprend une mort se rattache à la vie.
L’existence terrestre n’est autre chose que la lente croissance de l’être humain vers cet épanouissement de l’âme que nous appelons la mort.
Quand on est à la fin de la vie, mourir, cela veut dire partir ; quand on est au commencement, partir, cela veut dire mourir.
Fais que chaque heure de ta vie soit belle. Le moindre geste est un souvenir futur.
La mort ne change pas une vie en destin. Mourir ne referme pas le livre à sa dernière page, texte enfin déchiffrable.
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