C’est en regardant les objets du quotidien, tel un couteau à beurre, que l’on se rend compte que quelqu’un est parti et qu’il ne reviendra plus un stupide couteau à beurre qui taille à jamais des tranches de solitude dans votre vie.
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- Il suffit parfois d’un regard, d’une présence, d’un geste, pour que naisse l’amitié, par-delà les différences qui nous retiennent et nous effraient; il suffit d’une main tendue pour que s’imprime la mémoire d’un visage que jamais le temps n’effacera.
- Certaines choses sont trop pénibles pour être appréhendées sur le coup. Ce n’est que plus tard, dans la solitude, le souvenir, que pointe la compréhension; quand les cendres sont froides, qu’on regarde autour de soi pour se retrouver dans un monde entièrement différent.
- Il y a un certain goût de solitude qui a pour fondement la vanité. Par regret de ne pas se sentir apprécié à la valeur qu’on se croit, on se masque de mépris pour ceux qui se refusent à ce que nous voudrions d’eux.
- L’artichaut est un légume de solitude, difficile à manger en face de quelqu’un, divin lorsqu’on est seul. Un légume méditatif, réservé aux bricoleurs et aux gourmets.
- On n’a certe pas besoin de compagnie tous les jours, mais la solitude est quelque chose qui croît en vous, peut vous enserrer et vous étouffer comme le lierre.
- C’est si doux, les vieilles habitudes, même celles qui vous oppriment. Plutôt un malheur familier que ces nouveautés insolites, et cet effort encore pour comprendre, lorsqu’on atteint, rompu, la fin de la journée.
- Pour être capable de faire le don de soi, il faut avoir pris possession de soi dans cette solitude douloureuse hors de laquelle rien n’est à nous et nous n’avons rien à donner.
- C’est là, dans le va-et-vient des jours et le fouillis des non-dits, que la vie perd le sens des choses profondes et se réfugie dans le superficiel et le faux-semblant.
- C’est quand on comprend qu’il n’y a rien à casser qu’on commence à devenir un homme. On vit très bien avec une douleur, vous verrez, une fois que la connaissance est faite. On lui découvre des subtilités, des replis. On en devient le spécialiste.
- Si tu te confrontes à tes erreurs seulement une ou deux fois dans ta vie, ça risque de te faire terriblement mal. Moi, je fais un examen de conscience chaque jour - comme ça, c’est pas plus douloureux qu’un rasage à sec.
- L’apéro, c’est le moment où on fait connaissance. On s’installe sur son quant-à-soi, le verre à la main pour garnir, les canapés sur la table pour meubler, on parle parfois de tout, souvent de rien, on s’informe, on s’intéresse.
- C’est au moment où vous croyez prendre en main les rênes de votre destin que vous risquez d’être écrasé. Agissez prudemment. Comptez avec un certain nombre de surprises. Quand on crée, il y a toujours d’autres forces à l’œuvre.
- Quel solitude, de mourir sans certitude d’être au moins... - une particule de vie un point minuscule utile a quelqu’un.
- C’est une chose fragile que la lumière du jour. On y grandit. On y marche. On y attend quelque chose, on se sait trop quoi. Oui, mais voilà : où trouver la force d’attendre, quand le visage aimé est recouvert de terre ?
- Il faut jouir de soi-même dans la solitude, et, à l’égard de ses amis, ne dévoiler ses pensées qu’à mesure de l’esprit qu’on leur trouve, autrement on court le danger de leur paraître supérieur; de ce moment, on est perdu.