Qui peut dire si l’on ne maintient pas en vie la conscience de ceux qu’on a aimés en reproduisant leurs gestes, en reprenant leur tics, en vaporisant leur odeur ?
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La conscience est la conséquence du renoncement aux pulsions.
Il faut du loisir pour l’agrément de la vie les esprits qui ont toute leur charge ne sauraient avoir de douceur.
Quand la conscience humaine frémit sous le coup de l’angoisse, elle produit des mouvements d’une magnifique témérité, capables de tout sacrifier pour sauver la suprême grandeur de l’existence.
Ce qui nous est défendu par la conscience n’est pas d’être tentés, mais de nous laisser vaincre aux tentations.
Un homme doué d’une conscience est-il capable de s’estimer un tant soit peu ?
L’absence de ceux que nous aimons est le moi de soi – un bannissement mortel.
Les natures au cœur sur la main ne se font pas l’idée des jouissances solitaires de l’hypocrisie, de ceux qui vivent et peuvent respirer la tête lacée dans un masque.
Est-ce qu’en marchant dans les traces de l’autre, on arrive à pénétrer sa conscience et à le voir de l’intérieur ?
La conscience mythique ou onirique, la folie, la perception dans leur différence ne sont pas fermées sur elles-mêmes, ne sont pas des îlots d’expérience sans communication.
Au bout de combien de temps oublie-t-on l’odeur de celui qui vous a aimée ? Et quand cesse-t-on d’aimer à son tour ?

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