J’attends que ma mère, sous la lune qui est son message, apparaisse peut-être. Mais seuls les souvenirs arrivent. Les souvenirs, cette terrible vie qui n’est pas de la vie et qui fait mal.
Écrivain, 1895-1981J’attends que ma mère, sous la lune qui est son message, apparaisse peut-être. Mais seuls les souvenirs arrivent. Les souvenirs, cette terrible vie qui n’est pas de la vie et qui fait mal.
Écrivain, 1895-1981Partager sur
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Le livre de ma mère
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Aujourd’hui que je regrette encore mes chimères sans les poursuivre, je veux remonter le penchant de mes belles années : ces Mémoires seront un temple de la mort élevé à la clarté de mes souvenirs.
Est-il possible que chaque instant porte de nouveau en germe mon rêve d’amour éternel ? Comment recouvrer une certitude d’enfant qu’on a un jour perdue ?
L’absence (…) accumule des mondes d’indifférence sur des promesses de souvenirs éternels.
Je ne suis qu’une femme fuyant les souvenirs qui inlassablement la rattrapent.
Aimer, c’est se souvenir ensemble de ce qui n’est pas encore arrivé.
C’est chose étrange que la mémoire ; je suis incapable de retrouver son visage d’hier, son corps d’hier, ils s’effacent pour laisser la place à ceux d’aujourd’hui, dans le décor du passé.
Il y a quelque chose de plus fort que la mort, c’est la présence des absents, dans la mémoire des vivants.
Elle répétait à papa : Les plus beaux souvenirs sont ceux que l’on garde en soi. Pas besoin d’image déformante ou d’instants figés.
Il y a des visions qui se sont gravées dans ma mémoire et beaucoup a été oublié, mais la méfiance est restée inscrite dans mon corps, et aujourd’hui encore je m’arrête tous les quelques pas pour écouter.
Et puis la tristesse passera, elle aussi, comme le bonheur, comme la vie, comme les souvenirs qu’on oublie pour moins souffrir.

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