Je ne suis qu’une femme fuyant les souvenirs qui inlassablement la rattrapent.
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Se résoudre aux adieux
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Les hommes ont une mémoire terrible. Une femme, tu sais, ça oublie si bien… Le bonheur et le malheur.
Le temps mit bientôt sur mon cœur ulcéré l’arnica de l’oubli. Un clou chasse l’autre, une femme aussi.
S’il est si difficile d’oublier une femme auprès de laquelle on a trouvé le bonheur, c’est qu’il est certains moments que l’imagination ne peut se lasser de représenter et d’embellir.
Une femme qui ne dure qu’une nuit, pas même, qui ne dure qu’un rêve, nous laisse les plus doux regrets.
La contemplation d’une femme me fait songer à son squelette.
Piètre mémoire, présence chancelante au monde, qui m’interdit de témoignage. D’où mon appétit de romancier, sans doute : l’imagination affamée de souvenirs s’acharne à recomposer la vie sur esquisses.
Certains hommes sont ainsi. Une seule femme existe pour eux. Et si cette femme devient inaccessible, ils sont incapables de la chasser de leur souvenir. Elle demeure en eux, ne changeant pas, ne vieillissant pas.
Le nombre de femmes belles qu’il faut user pour oublier une femme intelligente ! C’est à ne pas croire.
Le jour où une femme qui passe devant vous dégage de la lumière en marchant, vous êtes perdu, vous aimez. Vous n’avez plus qu’une chose à faire : penser à elle si fixement qu’elle soit contrainte de penser à vous.
Oh ! L’affreuse chose que d’entrer sans émotion dans la chambre d’une femme.

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