Aujourd’hui que je regrette encore mes chimères sans les poursuivre, je veux remonter le penchant de mes belles années : ces Mémoires seront un temple de la mort élevé à la clarté de mes souvenirs.
Écrivain, 1768-1848Aujourd’hui que je regrette encore mes chimères sans les poursuivre, je veux remonter le penchant de mes belles années : ces Mémoires seront un temple de la mort élevé à la clarté de mes souvenirs.
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Mémoires d’outre-tombe (1848), Première partie, livre premier
La plupart de mes sentiments sont demeurés au fond de mon âme, ou ne se sont montrés dans mes ouvrages que comme appliqués à des êtres imaginaires.Aujourd’hui que je regrette encore mes chimères sans les poursuivre, je veux remonter le penchant de mes belles années: ces Mémoires seront un temple de la mort élevé à la clarté de mes souvenirs.
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L’espoir d’un prochain héritage suffit pour adoucir, dans le cœur du légataire, le sentiment du regret que devrait y laisser la perte du défunt.
Jusqu’à l’adolescence, la mémoire est tournée vers l’avenir plus que vers le passé, et les souvenirs que j’avais gardés de ce village n’étaient pas encore idéalisés par la nostalgie.
Piètre mémoire, présence chancelante au monde, qui m’interdit de témoignage. D’où mon appétit de romancier, sans doute : l’imagination affamée de souvenirs s’acharne à recomposer la vie sur esquisses.
Une visite de condoléances, ma petite-fille, cela apprend à vivre, à se tenir. À oublier le mort. Eh oui, c’est comme ça ! Il faut oublier pour se souvenir.
Je garde en mémoire tous ces instants qui ont marqué ma vie Et me la font apprécier doublement depuis.
Il y a beaucoup de choses qu’on regrette amèrement toute sa vie.
Je crois au pardon et à l’oubli. Il y avait une raison pour laquelle nous étions ensemble. Je veux juste me souvenir du bon temps.
Ceux qui ne peuvent pas se rappeler le passé sont condamnés à le répéter.
Les grands chargent leurs sépultures
De cent éloges superflus :
Passant, en peu de mots voici mon aventure :
Ma naissance fut très obscure,
Et ma mort l’est encore plus.
Et pourtant, me réveillant en sursaut et me répétant soudain que tu es mort, j’ai cette sensation terrible de ne plus exister, que toutes ces années sont tombées en poussière et qu’il ne reste plus rien d’important à vivre d’autre que le souvenir de nous.

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