Jusqu’à l’adolescence, la mémoire est tournée vers l’avenir plus que vers le passé, et les souvenirs que j’avais gardés de ce village n’étaient pas encore idéalisés par la nostalgie.
1927-2014Jusqu’à l’adolescence, la mémoire est tournée vers l’avenir plus que vers le passé, et les souvenirs que j’avais gardés de ce village n’étaient pas encore idéalisés par la nostalgie.
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Les souvenirs varient suivant l’âge, plus on avance et plus ils sont nostalgiques.
Nous, les humains, nous sommes condamnés à la nostalgie. La nostalgie, c’est simplement regarder le chemin parcouru depuis l’enfance. La nostalgie, c’est un sentiment humain positif.
La nostalgie que nous avons des pays que nous ne connaissons pas n’est peut-être que le souvenir de régions parcourues en des voyages antérieurs à cette vie.
Le passé est indistinct de la culture, et celle-ci indistincte de la mémoire.
L’enfance déconcerte souvent la jeunesse, plus éprise d’affirmer sa maturité naissante que de raviver les souvenirs encore proches de l’adolescence.
L’adolescence ne laisse un bon souvenir qu’aux adultes ayant mauvaise mémoire.
Aujourd’hui que je regrette encore mes chimères sans les poursuivre, je veux remonter le penchant de mes belles années : ces Mémoires seront un temple de la mort élevé à la clarté de mes souvenirs.
Les souvenirs réinventent la vie, ils sont une autre forme de l’oubli.
Si la jeunesse a l’espérance, la vieillesse a le souvenir.
Comme tous les enfants, il ne vivait que du présent car le passé s’évanouissait tôt dans l’oubli, et l’avenir n’éveillait en lui qu’impatience.

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