La nostalgie que nous avons des pays que nous ne connaissons pas n’est peut-être que le souvenir de régions parcourues en des voyages antérieurs à cette vie.
Écrivain, 1864-1910 Image : auteur inconnu, Domaine public, Wikimedia Commons La nostalgie que nous avons des pays que nous ne connaissons pas n’est peut-être que le souvenir de régions parcourues en des voyages antérieurs à cette vie.
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Journal, 1887-1910
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Jusqu’à l’adolescence, la mémoire est tournée vers l’avenir plus que vers le passé, et les souvenirs que j’avais gardés de ce village n’étaient pas encore idéalisés par la nostalgie.
Nous, les humains, nous sommes condamnés à la nostalgie. La nostalgie, c’est simplement regarder le chemin parcouru depuis l’enfance. La nostalgie, c’est un sentiment humain positif.
La civilisation, ici, n’est qu’une simple répétition de la mémoire et des mœurs.
Avec le temps, la passion des grands voyages s’éteint, à moins qu’on n’ait voyagé assez longtemps pour devenir étranger à sa patrie.
Les souvenirs varient suivant l’âge, plus on avance et plus ils sont nostalgiques.
Les souvenirs réinventent la vie, ils sont une autre forme de l’oubli.
Le passé est indistinct de la culture, et celle-ci indistincte de la mémoire.
Les années passant n’ont pas effacé les souvenirs de cette époque bénie où tout, certes, n’était pas rose, mais si exaltant.
Qu’est-ce que le passé ? Non pas une source de regret ou d’amertume mais un territoire qui porte le présent et lui assure une solidité, une stabilité.
On revient de sa jeunesse comme d’un pays étranger.

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