On revient de sa jeunesse comme d’un pays étranger.
1898-1936Attribution non vérifiée, l’œuvre d’origine n’a pas été retrouvée. Vous connaissez la source ?Comment nous vérifions
On revient de sa jeunesse comme d’un pays étranger.
1898-1936Attribution non vérifiée, l’œuvre d’origine n’a pas été retrouvée. Vous connaissez la source ?Comment nous vérifions
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Je garde une grande tendresse pour ce pays qu’esl le languedoc, parce que j’ai passé ma jeunesse de huit ans à quinze ans.
La nostalgie que nous avons des pays que nous ne connaissons pas n’est peut-être que le souvenir de régions parcourues en des voyages antérieurs à cette vie.
Les voyages déforment la jeunesse.
Fuguer tôt est banal. Se quitter à la fin de l’adolescence avec la certitude que l’on ne renouera pas avec son histoire personnelle, que l’on part très loin pour ne plus revenir, que l’on se soustrait au monde réel, est beaucoup moins fréquent.
Ce qui constitue une nation, ce n’est pas de parler la même langue, ou d’appartenir à un groupe ethnographique commun, c’est d’avoir fait ensemble de grandes choses dans le passé et de vouloir en faire encore dans l’avenir.
C’est vrai il y a eu une génération où le voyage faisait partie d’une réelle initiation à la vie, le passage de l’adolescence à la vie d’homme. Mais pour nous, rien. Ah si, j’oubliais : la première capote. Ca a été notre initiation à nous.
C’est l’avantage d’être une inconnue dans une vie étrangère, on peut se réinventer.
Avec le temps, la passion des grands voyages s’éteint, à moins qu’on n’ait voyagé assez longtemps pour devenir étranger à sa patrie.
C’est le propre de la jeunesse de couper les liens, d’ouvrir des chemins nouveaux, de rêver de liberté.
Les jeunes possèdent le monde entier et le dilapident sans tristesse, parce qu’ils sont impatients de gagner d’autres mondes, toujours nouveaux.

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