Je garde une grande tendresse pour ce pays qu’esl le languedoc, parce que j’ai passé ma jeunesse de huit ans à quinze ans.
Attribution non vérifiée, l’œuvre d’origine n’a pas été retrouvée. Vous connaissez la source ?Comment nous vérifions
Je garde une grande tendresse pour ce pays qu’esl le languedoc, parce que j’ai passé ma jeunesse de huit ans à quinze ans.
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On revient de sa jeunesse comme d’un pays étranger.
A 19 ans, on doit être fantassin quand on est français, et qu’on est jeune et fort, on doit être heureux et fier de pouvoir défendre sa patrie.
Ce n’est pas ma place au milieu de tout cela, il faut me retirer de ce milieu ; après quatorze ans aujourd’hui d’une vie pareille, je réclame la liberté à grands cris.
Où que j’aille, je suis un morceau du paysage de mon pays.
Je me sens lié réellement à l’Etat, à la patrie, à mes amis, à ma famille au sens complet du terme. Mais mon cœur ressent face à ces liens un curieux sentiment d’étrangeté, d’éloignement et l’âge accentue encore cette distance.
J’aime mon pays, même si je ressens un peu de tristesse.
Je ne serai jamais vieux. Pour moi, être âgé c’est avoir quinze ans de plus que moi.
Mon adolescence d’abord, puis ma jeunesse ont pris à marcher des plaisirs dont je n’ai qu’à chercher, dans ma mémoire, l’image fraîche encore, pour me sentir de nouveau jeune et prêt à partir.
La couleur de mes convictions, c’est mon village, moi je suis un villageois. Jusqu’à l’âge de vingt ans j’étais à la campagne et dans un village d’ouvriers, de sidérurgistes… Alors là j’ai pris conscience qu’il fallait être socialiste.
Dans l’âge mûr, on s’entend mieux à se garder contre le malheur, dans la jeunesse à le supporter.

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