Pour qu’un héritage soit réellement grand, il faut que la main du défunt ne se voie pas.
Écrivain, 1907-1988Pour qu’un héritage soit réellement grand, il faut que la main du défunt ne se voie pas.
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Fureur et mystère (1948)
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Ainsi en est-il des reliques : tout y est si brouillé et confus, qu’on ne saurait adorer les os d’un martyr qu’on ne soit en danger d’adorer les os de quelque brigand ou larron, ou bien d’un âne, ou d’un chien, ou d’un cheval.
Poser un caillou sur une tombe, c’est déclarer à celui où celle qui y repose que l’on s’inscrit dans son héritage, que l’on se place dans l’enchaînement des générations qui prolongent son histoire.
La mort n’est pas la fin, il reste le litige sur l’héritage.
L’espoir d’un prochain héritage suffit pour adoucir, dans le cœur du légataire, le sentiment du regret que devrait y laisser la perte du défunt.
Jeune, on conserve pour sa vieillesse ; vieux, on épargne pour la mort. L’héritier prodigue paie de superbes funérailles et dévore le reste.
Les hommes oublient plutôt la mort de leur père que la perte de leur patrimoine.
Comme le souvenir que laisse un mort est supérieur à sa vie ! Il n’y a pas de déchets.
La vieillesse chagrine incessamment amasse ;
Garde, non pas pour soi, les trésors qu’elle entasse,
Marche en tous ses desseins d’un pas lent et glacé.
Lorsque la mort a égalisé les fortunes, une pompe funèbre ne devrait pas les différentier.
Service de grand, n’est pas héritage. (Vient du temps où les offices cessaient à la mort du roi.).

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