Le corps se perd dans l’eau, le nom dans la mémoire. Le temps, qui sur toute ombre en verse une plus noire, sur le sombre océan jette le sombre oubli.
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- L’aveugle voit dans l’ombre un monde de clarté. Quand l’oeil du corps s’éteint, l’oeil de l’esprit s’allume.
- Tout corps traîne son ombre et tout esprit son doute.
- Le monosyllabe a une étrange capacité d’immensité : mer, nuit, jour, bien, mal, mort, oui, non, dieu.
- Ainsi Descartes l’a regardé (un corps céleste) comme ayant été autrefois un soleil, obscurci et étouffé depuis par une croûte épaisse dont il s’est couvert.
- Rien n’est étranger. On est arbre, fleuve, multiple au familier mystère. Puis peu à peu la pluie s’apaise. Il y a une lumière de cristal. Le corps bouge et le temps se décompte. On est réalité revenue au visible.
- Quant aux larmes, ces poèmes des corps, elles finiront dans ces zones intéressantes de la mémoire qu’on appelle l’oubli.
- Ah ! Nos nuits d’amour, lucienne ! L’union des corps et des coeurs. L’instant, l’instant unique où on ne sait plus si c’est la chair ou si c’est l’âme qui palpite...
- Un rêve passe derrière ses paupières, au fond de ses yeux noirs, comme un reflet d’obscurité dans l’eau d’un puits.
- Ta mort fait comme une île noire dans un océan de lumière. Pour te rejoindre, aucune barque. Il faudrait pouvoir marcher sur la lumière. Cela doit s’apprendre. Cela s’apprend.
- Le rêve est l’aquarium de la nuit.
- Le passé, c’est sournois. Ça attend la nuit et l’obscurité pour s’infiltrer partout. La nuit est dangereuse, elle tourmente.
- Je m’imagine dans l’eau, au creux du ventre maternel, où le temps ni la pensée existent.
- Les corps des morts c’est comme des écorces vides. Des trucs qu’on abandonne ici pour pouvoir partir ailleurs, plus léger.
- C’est chose étrange que la mémoire; je suis incapable de retrouver son visage d’hier, son corps d’hier, ils s’effacent pour laisser la place à ceux d’aujourd’hui, dans le décor du passé.
- Le premier regard est le moment fugitif qui abolit devant l’âme des chroniques du temps, qui révèle à l’oeil les actions de la nuit et le travail de la conscience.