Un rêve passe derrière ses paupières, au fond de ses yeux noirs, comme un reflet d’obscurité dans l’eau d’un puits.

Un rêve passe derrière ses paupières, au fond de ses yeux noirs, comme un reflet d’obscurité dans l’eau d’un puits.

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Les évaporés : un roman japonais
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Le rêve est l’aquarium de la nuit.
L’aveugle voit dans l’ombre un monde de clarté. Quand l’œil du corps s’éteint, l’œil de l’esprit s’allume.
Dieu a créé le rêve pour indiquer la route au dormeur dont les yeux sont dans l’obscurité.
J’y pensais le jour, j’en rêvais la nuit… Et à force de rêver, je m’aperçus en rêvant… Je ne sais comment, de je ne sais quoi.
Les heures de la nuit sont lentes et funèbres. L’angoisse comme un drap mouillé colle à ma chair ; Et ma pensée, ainsi qu’un vaisseau sous l’éclair, roule, désemparée, au large des ténèbres.
La chambre est sombre, une lune glacée s’est retirée avec tact pour laisser place à une brume grise. Ma tête bourdonne des blessures de la nuit. J’ai perdu mon rêve.
Toute la poésie cachée qui était en moi s’est réveillée, dans la chaude lumière de ce radieux paysage, je sentais une émotion inconnue m’agiter, c’était le papillon de l’âme qui s’éveillait au fond de sa chrysalide et qui sentait palpiter ses ailes.
La nuit s’épaississait ainsi qu’une cloison, et mes yeux dans le noir devinaient tes prunelles.
Toute nuit noire est une aube qui vient.
Ses yeux évoquent un instant, au cœur de la nuit remplie de souvenirs, les seules fenêtres à s’ouvrir sur mon monde.

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