Les heures de la nuit sont lentes et funèbres. L’angoisse comme un drap mouillé colle à ma chair ; Et ma pensée, ainsi qu’un vaisseau sous l’éclair, roule, désemparée, au large des ténèbres.
Poète, 1858-1900Les heures de la nuit sont lentes et funèbres. L’angoisse comme un drap mouillé colle à ma chair ; Et ma pensée, ainsi qu’un vaisseau sous l’éclair, roule, désemparée, au large des ténèbres.
Poète, 1858-1900Partager sur
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Le Chariot d’or (1900), « Ténèbres »
Ma vie est là pourtant, très exacte et très vraie, Harnais quotidiens, sonnailles de grelots, Comédie et roman, faux rires, faux sanglots, Et cette herbe des sens, folle comme l’ivraie… Et tout s’avère alors si piteux et si vain, Tant de mensonge éclate au rôle que j’accepte, Que le dégoût me prend d’être ce pitre inepte Et de recommencer la parade demain!Les Heures de la nuit sont lentes et funèbres. L’angoisse comme un drap mouillé colle à ma chair; Et ma pensée, ainsi qu’un vaisseau sous l’éclair, Roule, désemparée, au large des ténèbres.De mortelles vapeurs assiègent mon cerveau… Une vieille en cheveux qui rôde dans des tombes Ricane en égorgeant lentement des colombes; Et sa main de squelette agrippe mon manteau…
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Le sommeil, aventure sinistre de tous les soirs.
La nuit s’épaississait ainsi qu’une cloison, et mes yeux dans le noir devinaient tes prunelles.
La nuit, l’ennui nuit.
O soleil poignardé d’où jaillit le sang de l’aurore ! Mon cœur cette nuit s’est pris dans un lourd lacis de lianes et je n’ai point retrouvé la clairière du sommeil…
Le passé, c’est sournois. Ça attend la nuit et l’obscurité pour s’infiltrer partout. La nuit est dangereuse, elle tourmente.
La nuit paraît courte dans le plaisir, les veilles semblent longues dans la solitude.
La chambre est sombre, une lune glacée s’est retirée avec tact pour laisser place à une brume grise. Ma tête bourdonne des blessures de la nuit. J’ai perdu mon rêve.
Pendant que nous parlons, la nuit tombe : la mort Se glisse ; et dans sa grande ombre, elle nous endort.
C’est un soir tendre comme un visage de femme. Un soir étrange, éclos sur l’hiver âpre et dur, dont la suavité, flottante au clair-obscur, tombe en charpie exquise aux blessures de l’âme.
Depuis des mois, je retarde le moment de fixer par écrit notre dernière nuit. De retourner dans la réalité physique de ce moment de grâce – je pèse mes mots – dont je ne conserve que l’élan, la densité, le mystère.

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