C’est un soir tendre comme un visage de femme. Un soir étrange, éclos sur l’hiver âpre et dur, dont la suavité, flottante au clair-obscur, tombe en charpie exquise aux blessures de l’âme.
Poète, 1858-1900C’est un soir tendre comme un visage de femme. Un soir étrange, éclos sur l’hiver âpre et dur, dont la suavité, flottante au clair-obscur, tombe en charpie exquise aux blessures de l’âme.
Poète, 1858-1900Partager sur
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Le Chariot d’or (1900), « Soir »
C’est un soir tendre comme un visage de femme. Un soir étrange, éclos sur l’hiver âpre et dur, Dont la suavité, flottante au clair-obscur, Tombe en charpie exquise aux blessures de l’âme.Des verts angelisés… des roses d’anémie… L’Arc-de-Triomphe au loin s’estompe velouté, Et la nuit qui descend à l’Occident bleuté Verse aux nerfs douloureux la très douce accalmie.
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S’instruire nuit gravement à la connerie.
La blancheur de l’âme des jeunes filles, qui se compose de froideur et de gaîté, ressemble à la neige. Elle fond à l’amour qui est son soleil.
C’est le soir qui soulage Les esprits que dévore une douleur sauvage, le savant obstiné dont le front s’alourdit, et l’ouvrier courbé qui regagne son lit.
Il est des blessures qui ne s’ouvrent qu’à la nuit, à l’heure où les rires se taisent, où l’âme a froid et fait trembler le corps.
La beauté de l’ennui Dans la nuit qui bourdonne A la galeuse féerie Des crépuscules d’automne.
La chambre est sombre, une lune glacée s’est retirée avec tact pour laisser place à une brume grise. Ma tête bourdonne des blessures de la nuit. J’ai perdu mon rêve.
La nuit s’épaississait ainsi qu’une cloison, et mes yeux dans le noir devinaient tes prunelles.
Une femme au cœur pâle Met la nuit dans ses habits. L’amour a découvert la nuit Sur ses seins impalpables.
Les heures de la nuit sont lentes et funèbres. L’angoisse comme un drap mouillé colle à ma chair ; Et ma pensée, ainsi qu’un vaisseau sous l’éclair, roule, désemparée, au large des ténèbres.
Automne canadien. Ardente et transparente agonie des feuillages : le baiser du soleil après la morsure du gel. Puisse notre mort ressembler à celle de ces feuilles d’érable : se laisser successivement briser par la douleur et transfigurer par la grâce…

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