C’est un soir tendre comme un visage de femme. Un soir étrange, éclos sur l’hiver âpre et dur, dont la suavité, flottante au clair-obscur, tombe en charpie exquise aux blessures de l’âme.
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- Les heures de la nuit sont filles de la peur; Leur souffle fait mourir l’âme humble des veilleuses, cependant que leurs mains froides et violeuses, s’allongent sous les draps pour saisir notre coeur.
- Les heures de la nuit sont lentes et funèbres. L’angoisse comme un drap mouillé colle à ma chair; Et ma pensée, ainsi qu’un vaisseau sous l’éclair, roule, désemparée, au large des ténèbres.
- Il est d’étranges soirs où les fleurs ont une âme, où dans l’air énervé flotte du repentir, où sur la vague lente et lourde d’un soupir Le coeur le plus secret aux lèvres vient mourir.
- Les hommes de Dieu se goinfrent. Pourtant ils ont lu les textes qui imposent une purée de pois le soir, une autre de fèves à midi. Alors comment expliquer ces ventres ronds et tendus ? Ils ont des allures de femme enceinte.
- La nuit dissimule les défauts et est indulgente à toutes les imperfections; à ces heures-là, toute femme semble belle.
- Gargouille qui ne cesse de couler, un jour de pluie, et femme acariâtre sont pareilles !
- La blancheur de l’âme des jeunes filles, qui se compose de froideur et de gaîté, ressemble à la neige. Elle fond à l’amour qui est son soleil.
- Il est des blessures qui ne s’ouvrent qu’à la nuit, à l’heure où les rires se taisent, où l’âme a froid et fait trembler le corps.
- S’instruire nuit gravement à la connerie.
- Étrange rencontre par une nuit étrange.
- Une femme au coeur pâle Met la nuit dans ses habits. L’amour a découvert la nuit Sur ses seins impalpables.
- La chambre est sombre, une lune glacée s’est retirée avec tact pour laisser place à une brume grise. Ma tête bourdonne des blessures de la nuit. J’ai perdu mon rêve.
- La beauté de l’ennui Dans la nuit qui bourdonne A la galeuse féerie Des crépuscules d’automne.
- C’est le soir qui soulage Les esprits que dévore une douleur sauvage, le savant obstiné dont le front s’alourdit, et l’ouvrier courbé qui regagne son lit.
- Un reste de soleil sur le seuil de la brume, - Une glu chaude encore à la pente des nues - Et l’automne vous prend dans ses pattes-pelues, - Feuilles couleur de sang, de sang couleur de plumes.