Le monosyllabe a une étrange capacité d’immensité : mer, nuit, jour, bien, mal, mort, oui, non, dieu.
Écrivain, 1802-1885 Image : Étienne Carjat, Domaine public, Wikimedia Commons Le monosyllabe a une étrange capacité d’immensité : mer, nuit, jour, bien, mal, mort, oui, non, dieu.
Écrivain, 1802-1885 Image : Étienne Carjat, Domaine public, Wikimedia Commons Partager sur
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William Shakespeare. Le tas de pierres
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Et quelle étrange chose que certains mots, c’est sans bouche ni voix, c’est sans visage, on les rencontre dans le noir, on leur prend la main, on les guide mais il fait nuit partout sur terre.
Morte !… Morte !… Il y a de ces mots qu’on prononce sans pouvoir les comprendre.
Qu’elle soit blanche ou d’un noir profond, qu’elle soit étoilée ou de pleine lune, la nuit était peuplée de créatures étranges…
Les climats, les saisons, les sons, les couleurs, l’obscurité, la lumière, les éléments, les aliments, le bruit, le silence, le mouvement, le repos, tout agit sur notre machine, et sur notre âme.
L’âme de Dieu est mathématique, contrapuntique, harmonique et mélodique. Le diable, envieux et furieux, fait beaucoup de bruit autour pour empêcher qu’on l’entende.
L’homme, le matin, il tousse, il crache. Le midi, il pète, il rote. La nuit, il ronfle, il bave et le reste du temps, il se gratte les couilles.
Montez, saintes rumeurs, paroles surhumaines, entretien lent et doux de la terre et du ciel ! Montez, et demandez aux étoiles sereines S’il est pour les atteindre un chemin éternel.
Araignée du midi, souci ; araignée de la nuit, profit.
Tout a ses merveilles, l’obscurité et le silence aussi.
Le sens d’un songe, l’effet des nuages d’automne, la pensée des femmes et le naturel des rois, nul ne le sait.

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