Celui qui prie pour empêcher la mort est aussi fou que celui qui prierait pour faire lever le soleil par l’ouest, sous prétexte qu’il n’aime pas la lumière matinale.
Écrivain, 1895-1970Celui qui prie pour empêcher la mort est aussi fou que celui qui prierait pour faire lever le soleil par l’ouest, sous prétexte qu’il n’aime pas la lumière matinale.
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On supporte mal que le soleil des autres nous fasse de l’ombre.
Je crois que le soleil est un œuf de lumière pondu par la nuit que la prière retombe en pluie de fruits dans la corbeille des mains offertes.
La prière au soleil est une chose pardonnable. Chacun regarde sans le vouloir vers un endroit lumineux ; les animaux le font et ce qui, chez le chat ou le chien, est un regard involontaire vers cette lumière, chez l’homme, cela s’appelle une prière.
Le soleil c’est comme la mort, on ne peut le narguer trop longtemps, ça éteint les yeux.
La prière apaise l’angoisse, comme le soleil dissipe le brouillard. Elle nous met dans une autre atmosphère.
C’est faire honneur au soleil que de se lever après lui.
C’est le monde qui est divin car il renferme en lui toutes les oppositions : la lumière et la nuit, le bien et le mal, la vie et la mort…
L’homme fut sûrement le vœu le plus fou des ténèbres ; c’est pourquoi nous sommes ténébreux, envieux et fous sous le puissant soleil.
Plus la nuit est sombre, plus les étoiles sont brillantes, plus le chagrin est profond, plus Dieu est proche !
Dieu a rendu le travail et le repos, comme le jour et la nuit, alternatifs pour l’homme : la rosée du sommeil, tombant à propos avec sa douce et assoupissante pesanteur, abaisse nos paupières.

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