Quant aux larmes, ces poèmes des corps, elles finiront dans ces zones intéressantes de la mémoire qu’on appelle l’oubli.

Source : Une simple lettre d’amour (2015)
Source indiquée, pas encore vérifiée sur le texte original. Comment nous vérifions
Quant aux larmes, ces poèmes des corps, elles finiront dans ces zones intéressantes de la mémoire qu’on appelle l’oubli.

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Le poème s’étirant dans les blés, le poème s’allongeant vers les sphères. Le poème bondissant, dans les pâturages de l’âme, le poème frémissant, dans le corps des cités.
Et puis la tristesse passera, elle aussi, comme le bonheur, comme la vie, comme les souvenirs qu’on oublie pour moins souffrir.
La vie écrit au crayon. La mort passe la gomme. Le poème se souvient. Personne n’a meilleure mémoire qu’un poème.
Nous emmagasinons une kyrielle de souvenirs, tous aussi romantiques les uns que les autres, avec l’air de croire qu’ils nous épargneront la douleur et le deuil.
Les mots ne sont visibles que dans l’œil dénué de paupière de la mémoire. Dieu merci, les vivants conservent l’aptitude de surprendre et de décevoir.
L’éclair me dure. La poésie me volera de la mort.
Si vous ne pouvez pas vous réconcilier avec la chaleur de votre sang, calez-vous la tête sous l’eau. Vous allez mourir. Le suicide aussi est un poème, en un certain sens. Il paraît même que c’est une œuvre d’art.
En amour, les larmes valent les discours les plus éloquents.
Si tu n’étais pas morte… Ces mots ne dansent pas sur mon cahier, mais blessent le silence de la marge.
Le plus sûr moyen de calmer l’angoisse induite par une sensation de manque consiste à remplir le vide avec des représentations ayant pour but de transposer cette souffrance.

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