Les mots n’ont plus rien à nous dire; et tu veux des mots, des mots écrits. Laisse-moi me perdre dans ton regard, dans ton sourire, dans tous les souvenirs de mes yeux et de mon corps.
Image : Les mots n’ont plus rien à...

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- Laisse-moi me perdre dans ton regard, dans ton sourire, dans tous les souvenirs de mes yeux et de mon corps.
- Un instant, j’ai pensé à ces phrases fantômes, ces réparties féroces, ces milliers de répliques jamais envoyées, demeurées suspendues, invisibles, ces griffes fières, jamais sorties de mon corps.
- Ce que cache mon langage, mon corps le dit. Mon corps est un enfant entêté, mon langage est un adulte très civilisé...
- Quant aux larmes, ces poèmes des corps, elles finiront dans ces zones intéressantes de la mémoire qu’on appelle l’oubli.
- C’est ça l’écriture. C’est le train de l’écrit qui passe par votre corps. Le traverse. C’est de là qu’on part pour parler de ces émotions difficiles à dire, si étrangères et qui néanmoins, tout à coup, s’emparent de vous.
- Ainsi nous ne sommes rien, ni toi ni moi, auprès des paroles brûlantes qui pourraient aller de moi vers toi, imprimées sur un feuillet : car je n’aurai vécu que pour les écrire, et, s’il est vrai qu’elles s’adressent à toi, tu vivras d’avoir eu la force de les entendre.
- Adieu, toi que j’ai tant aimée, que j’aime tant encore, toi qui as rempli pour jamais ma vie d’amour et de douleur. Adieu, je pleure en écrivant ce mot. Adieu... Adieu !...
- Faisons l’amour. Nos deux cerveaux seront genoux. Femme, ouvre-toi, que je m’accroche à ton squelette. Mêlons nos chairs. Si mes poèmes sont jaloux, egorgeons-les; ce n’est pas moi qui les regrette.
- Je t’aime et tu feins de m’ignorer. Je veux croire que tu feins de m’ignorer ou plutôt non ta mimique est pleine d’allusions. La phrase la plus banale a des sous-entendus émouvants quand c’est toi qui m’adresses la parole.
- Tu n’as d’existence qu’au travers de ton empreinte sur la mienne. T’écrire, ce n’est rien d’autre que faire le tour de ton absence. D’écrire l’héritage d’absence. Tu es une forme vide impossible à remplir d’écriture.
- Le poète doit pouvoir tout dire, en toute liberté. Essayez donc un peu, mes amis, vous verrez que vous n’êtes pas libres.
- Tu dis l’amour a son langage Et moi les mots ne servent à rien S’il te faut des phrases en otage Comme un sceau sur un parchemin.
- Si tu n’étais pas morte... Ces mots ne dansent pas sur mon cahier, mais blessent le silence de la marge.
- Tu demandes pourquoi je reste sans rien dire... - C’est que voici le grand moment, - l’heure des yeux et du sourire, - le soir... Et que ce soir je t’aime... Infiniment !
- Ne parle pas d’aimer; ton ventre, je le mords. Mon poème trop plein, c’est en toi qu’il se vide. Moite femelle, en toi j’apprends que je suis mort, epanoui comme un volcan qui se suicide.