Si tu n’étais pas morte… Ces mots ne dansent pas sur mon cahier, mais blessent le silence de la marge.
PoèteSi tu n’étais pas morte… Ces mots ne dansent pas sur mon cahier, mais blessent le silence de la marge.
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La cinquième saison
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Morte !… Morte !… Il y a de ces mots qu’on prononce sans pouvoir les comprendre.
Souvenez-vous de ces mots quand je suis mort. Assurez-vous d’abord que vous avez raison, puis allez-y.
Les paroles d’un homme mort se modifient dans les entrailles des vivants.
Que j’écrive ou non, la face du monde n’en sera pas changée. Et pourtant, c’est un peu comme si j’étais en sursis et que chaque mot fût un rempart contre la mort.
Coma : la mort comme si vous y étiez.
Ainsi nous ne sommes rien, ni toi ni moi, auprès des paroles brûlantes qui pourraient aller de moi vers toi, imprimées sur un feuillet : car je n’aurai vécu que pour les écrire, et, s’il est vrai qu’elles s’adressent à toi, tu vivras d’avoir eu la force de les entendre.
Ce matin, las,
Mon crayon fatigué
Est mort.
Il a sauté sur sa mine.
Un poète épuisé
Est mort
Oublié de tous.
Je me garderai, si je puis, que ma mort dise chose que ma vie n’ait premièrement dite.
Du reste, ce fragment de ma vie que je passe sous silence, le lecteur ne perdra rien à ne pas le connaître.
En moi, par ma bouche, n’a jamais parlé que la mort. Toute poésie est la voix donnée à la mort.

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