Morte !… Morte !… Il y a de ces mots qu’on prononce sans pouvoir les comprendre.
Écrivain, 1840-1897Morte !… Morte !… Il y a de ces mots qu’on prononce sans pouvoir les comprendre.
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Le Frère aîné (1867)
Certes, celui qui dira que ce n’est pas la main du Dieu sauveur des hommes qui tout à l’heure m’a retenu ici, malgré moi, celui-là en aura bien menti…Morte!… morte!… Il y a de ces mots qu’on prononce sans pouvoir les comprendre.
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Si tu n’étais pas morte… Ces mots ne dansent pas sur mon cahier, mais blessent le silence de la marge.
Les paroles d’un homme mort se modifient dans les entrailles des vivants.
Ecrire, c’est vouloir distinguer à travers des mots ce qu’en réalité on ne peut voir : naissance et mort, apparition et disparition fulgurantes des êtres. Perpétuité des catastrophes.
Il y avait un langage pour la mort, comme il y a un langage pour la vie.
Les mots peuvent être mortels. Un mot peut tuer quelque chose en vous ou installer dans votre cœur une lèpre que rien ne pourra plus guérir.
Les plus beaux mots du monde ne sont que de vains sons, si on ne les comprend pas.
Les mots n’ont pas de valeur. Ce sont des mots.
La mort est d’abord le néant du savoir… « On ne sait pas ». Ce sont les premiers mots qui viennent, et qui conviennent.
Pour la première fois de ma vie, j’ai ressenti le sens du mot jamais. Eh bien, c’est terrible. On prononce ce mot cent fois par jour mais on ne sait pas ce qu’on dit avant d’avoir été confronté à un vrai « plus jamais ».
Et si la mort n’était qu’un mot ?

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