Pour la première fois de ma vie, j’ai ressenti le sens du mot jamais. Eh bien, c’est terrible. On prononce ce mot cent fois par jour mais on ne sait pas ce qu’on dit avant d’avoir été confronté à un vrai «plus jamais».
Image : Pour la première fois de ma...

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- On ne dit jamais « Danger de vie » et pourtant !
- Parfois, on aimerait savoir, n’est-ce pas, la nature exacte des paroles : leur poids sur les âmes, leur action insidieuse sur les pensées, leur durée de vie, si elles sucrent ou rendent amers les coeurs.
- Quand vous ressentez quelque chose qui fait vibrer votre cœur, ne vous demandez jamais ce que c’est, mais vivez-le jusqu’au bout, parce que ce frisson, ce sentiment s’appelle Vie.
- Ce n’est pas vraiment après la vie que je cours, tout au plus après les mots, je suis pour le moment un chercheur de mots, mais où est la vie, me disais-je.
- Et c’est parfois dans un regard, dans un sourire, que sont cachés les mots qu’on n’a jamais su dire.
- Je connais le pouvoir des mots, moi qui en ai été privé si longtemps. Je sais l’impression qu’ils font sur les ignorants, les mal assurés, comment ils font battre en retraite, rougir, balbutier !
- Je ne savais pas que les mots peuvent sauver. Aujourd’hui je le sais : ils maintiennent le lien à soi. Ils permettent de ne pas s’égarer dans la nuit profonde de la folie.
- Les mots peuvent être mortels. Un mot peut tuer quelque chose en vous ou installer dans votre coeur une lèpre que rien ne pourra plus guérir.
- Non : Ce mot n’existe pas dans la langue japonaise. Il est trop douloureux pour être prononcé tel quel. Alors on use de tous les stratagèmes pour le faire comprendre sans le dire.
- Un des mots auxquels j’ai accordé le plus tôt une valeur érotique, c’est le mot « courtisane », que je prenais dans le sens féminin de « courtisan » bien que je sentisse qu’il y avait là quelque chose de spécial et, pour moi, d’assez mystérieux.
- Fou n’est pas le mot, même si je le prononce avec affection. Je préfère dire : corps errants.
- Je n’écoute plus rien; et pour jamais adieu... Pour jamais ! Ah ! Seigneur, songez vous en vous-même Combien ce mot cruel est affreux quand on aime ?
- Si j’eusse parlé vers 1795 de mon projet d’écrire, quelque homme sensé m’eût dit : - «Ecrivez tous les jours pendant deux heures, génie ou non. » - Ce mot m’eût fait employer dix ans de ma vie dépensés niaisement à attendre le génie.
- Et puis, il y a ceux que l’on croise, que l’on connaît à peine, qui vous disent un mot, une phrase, vous accordent une minute, une demi-heure et changent le cours de votre vie.
- Morte !... Morte !... Il y a de ces mots qu’on prononce sans pouvoir les comprendre.