Je n’écoute plus rien ; et pour jamais adieu… Pour jamais ! Ah ! Seigneur, songez vous en vous-même Combien ce mot cruel est affreux quand on aime ?
Poète, 1639-1699Je n’écoute plus rien ; et pour jamais adieu… Pour jamais ! Ah ! Seigneur, songez vous en vous-même Combien ce mot cruel est affreux quand on aime ?
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Bérénice (1670)
… Je ne diſpute plus. J’attendois, pour vous croire, Que cette même bouche, après mille ſermens D’un amour, qui devoit unir tous nos momens, Cette bouche, à mes yeux, s’avouant infidelle, M’ordonnât elle-même une abſence éternelle. Moi-même j’ai voulu vous entendre en ce lieu;Je n’écoute plus rien, & pour jamais adieu. Pour jamais, ah, Seigneur, ſongez-vous en vous-même Combien ce mot cruel est affreux quand on aime?Dans un mois, dans un an, comment ſouffrirons-nous, Seigneur, que tant de mers me ſéparent de vous? Que le jour recommence, & que le jour finiſſe, Sans que jamais Titus puiſſe voir Bérénice? Sans que, de tout le jour, je puiſſe voir Titus? …
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Heureux ceux qui souffrent ! Cette parole insensée hante toujours vos cœurs debiles et vous avez peur de la joie, par vanité.
Quelle chose grandement niaise et cruellement bouffonne que ce mot qu’on appelle Dieu !
Il faut haïr très peu, car c’est très fatigant. Il faut mépriser beaucoup, pardonner souvent et ne jamais oublier. Le pardon ne peut entraîner l’oubli ; pour moi, du moins.
Vous grimpez sur le dos des gouines et des pédés pour chanter vos louanges. Il n’y a pas de quoi, et on n’est pas là pour ça. Vos vies dans l’ensemble sont plutôt merdiques, vos vies amoureuses sont plutôt calamiteuses, arrêtez de croire que ça ne se voit pas.
Mais écoutez-moi donc, sacrebleu ! Je vous prêche la patience, la modération, mille tonnerres ! Et vous ne m’écoutez pas, ventrebleu !
C’est que vous prêchez… En jurant.
Le temps, ennemi implacable. La jalousie, mauvaise compagne. Toujours l’amour, mais avec des orages. Mon cur battait des chamades de plus en plus saccadées entre ses « je t’aime » hâtifs, ses « je dois raccrocher » fébriles, ses « je te rappelle » excédés.
Dieu pardonne, moi pas.
Dieu se meurt, dieu est mort. Vive l’humanité ! Quel soulagement : notre ennemi le plus cruel est vaincu.
Pour la première fois de ma vie, j’ai ressenti le sens du mot jamais. Eh bien, c’est terrible. On prononce ce mot cent fois par jour mais on ne sait pas ce qu’on dit avant d’avoir été confronté à un vrai « plus jamais ».
Dis-moi : Je t’aime ! Hélas ! Rassure un cœur qui doute,
Dis-le-moi ! Car souvent avec ce peu de mots
La bouche d’une femme a guéri bien des maux !

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