Quelle chose grandement niaise et cruellement bouffonne que ce mot qu’on appelle Dieu !
Écrivain, 1821-1880 Image : Nadar, Domaine public, Wikimedia Commons Quelle chose grandement niaise et cruellement bouffonne que ce mot qu’on appelle Dieu !
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Source vérifiée
Œuvres de jeunesse (1910), Agonies, 7
Texte du domaine public, transcription Wikisource (CC BY-SA).
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Le mot Dieu n’est pour moi rien d’autre que l’expression et le produit des faiblesses humaines, et la Bible un recueil de légendes vénérables mais malgré tout assez primitives.
Vouloir définir Dieu, c’est prétendre à le limiter en notre esprit, c’est-à-dire le tuer. Quand nous essayons de le définir, c’est le néant qui surgit devant nous.
Je n’écoute plus rien ; et pour jamais adieu… Pour jamais ! Ah ! Seigneur, songez vous en vous-même Combien ce mot cruel est affreux quand on aime ?
Quand on se met à parler de Dieu, ce n’est déjà plus de Dieu que l’on parle.
On peut très bien se passer du concept de Dieu, finalement. Malheureusement pas du mot.
La certitude d’un dieu qui donnerait son sens à la vie surpasse de beaucoup en attrait le pouvoir impuni de mal faire.
L’âme de Dieu est mathématique, contrapuntique, harmonique et mélodique. Le diable, envieux et furieux, fait beaucoup de bruit autour pour empêcher qu’on l’entende.
L’homme, c’est le nom commode qu’on a donné, complet, fini, satisfaisant, à quelque chose qui ne l’est guère. On a fait l’opération contraire avec le mot Dieu.
J’ai toujours fait une prière à Dieu, qui est fort courte. La voici : « Mon Dieu, rendez nos ennemis bien ridicules ! » Dieu m’a exaucé.
Incompréhensible que Dieu soit, et incompréhensible qu’il ne soit pas.

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