En moi, par ma bouche, n’a jamais parlé que la mort. Toute poésie est la voix donnée à la mort.
1925-2021En moi, par ma bouche, n’a jamais parlé que la mort. Toute poésie est la voix donnée à la mort.
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Source vérifiée
La semaison; carnets, 1954-1967
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Quiconque a côtoyé la mort est condamné à la poésie.
Et si la mort n’était qu’un mot ?
La mort n’éteint pas la musique, n’éteint pas les roses, n’éteint pas les livres, n’éteint rien.
L’éclair me dure. La poésie me volera de la mort.
Si tu n’étais pas morte… Ces mots ne dansent pas sur mon cahier, mais blessent le silence de la marge.
Un poète mort n’écrit plus. D’où l’importance de rester vivant.
Un véritable homme de lettres, à la pensée de sa mort, est triste moins de mourir que de ne pouvoir concevoir sur la mort ne fût-ce qu’une seule pensée originale.
La vie écrit au crayon. La mort passe la gomme. Le poème se souvient. Personne n’a meilleure mémoire qu’un poème.
Il y avait un langage pour la mort, comme il y a un langage pour la vie.
Morte !… Morte !… Il y a de ces mots qu’on prononce sans pouvoir les comprendre.

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