Un poète mort n’écrit plus. D’où l’importance de rester vivant.
ÉcrivainUn poète mort n’écrit plus. D’où l’importance de rester vivant.
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Rester vivant et autres textes
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La vie écrit au crayon. La mort passe la gomme. Le poème se souvient. Personne n’a meilleure mémoire qu’un poème.
La poésie ne doit pas périr. Car alors, où serait l’espoir du Monde ?
Quiconque a côtoyé la mort est condamné à la poésie.
La mort ne change pas une vie en destin. Mourir ne referme pas le livre à sa dernière page, texte enfin déchiffrable.
Si vous ne voulez pas qu’on vous oublie, le jour où vous serez mort et pourri, écrivez des choses qui valent la peine d’être lues ou faites, des choses qui valent la peine d’être écrites.
La mort, dit le poète, tient notre vie par les deux bouts : La vieillesse n’est pas plus proche du trépas que l’enfance.
Mais le poète qui ne serait que réaliste serait lui aussi un écrivain mort. Le poète irrationnel ne peut espérer être compris que de lui-même et de son égérie, ce qui est plutôt affligeant.
En moi, par ma bouche, n’a jamais parlé que la mort. Toute poésie est la voix donnée à la mort.
Ce matin, las,
Mon crayon fatigué
Est mort.
Il a sauté sur sa mine.
Un poète épuisé
Est mort
Oublié de tous.
C’est quoi, cette putain d’idée sur l’écriture ? Qu’elle sauve celui qui écrit ? Elle sauve celui qui a préféré écrire que vivre. Les chagrins ne s’effaceront pas au nombre de pages écrites. Il faut avoir placé l’écriture plus haut que sa vie.

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