Un poète qui n’est pas réaliste est un poète mort. Mais un poète qui n’est que réaliste est aussi un poète mort. Le poète qui est seulement irrationnel ne sera compris que par lui-même et par la femme qu’il aime, et cela est assez triste. Le poète qui est seulement un rationaliste sera même compris par les ânes, et cela est aussi extrêmement triste.
Image : Un poète qui n’est pas réaliste...

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- Le poème vit aux dépens du poète. Ce que nous raconte l’œuvre, ce n’est pas le poète, c’est le poème. Non pas le poète qui écrit mais le langage qui ressuscite, qui projette, recrée et qui l’annule en tant qu’être humain. L’œuvre dissout le petit je.
- Le vrai poète, à ce qui me semble, est celui qui remue l’âme et l’attendrit.
- Les poètes immatures imitent; les poètes matures volent; les mauvais poètes défigurent ce qu’ils prennent, et les bons poètes en font quelque chose de meilleur, ou du moins quelque chose de différent.
- Je considère la poésie engagée comme une mission personnelle, un devoir envers une société où on évolue vers un contrôle des consciences : on devient même suspect de ne pas penser correctement !
- Le poète est cet être très vieux et très neuf, très complexe et très simple qui aux confins vécus du rêve et du réel, du jour et de la nuit, entre absence et présence, cherche et reçoit dans le déclenchement soudain des cataclysmes intérieurs le mot de passe de la connivence et de la puissance.
- On ne peut être poète sans quelque folie.
- La fiction est fiction. Appeler une histoire histoire vraie, c’est faire injure à la fois à l’art et à la vérité. Tout grand écrivain est un grand illusionniste.
- Quelle plate bêtise de toujours vanter le mensonge et de dire : la poésie vit d’illusions; comme si la désillusion n’était pas cent fois plus poétique par elle-même !
- Un poète est plus proche de la mort que de la philosophie, plus près de la souffrance que de l’intellect, plus près du sang que de l’encre.
- C’est en poésie seulement que le monde entier comprend un amoureux. Dans la vie réelle, on le déclare enroué, et on lui donne une bonne cuillerée de ce mélange nauséabond appelé le bon sens.
- Un poète mort n’écrit plus. D’où l’importance de rester vivant.
- Un poète est le plus utilitaire des êtres. Paresse, désespoir, accidents du langage, regards singuliers, - tout ce que perd, rejette, ignore, élimine, oublie l’homme le plus pratique, le poète le cueille, et par son art lui donne quelque valeur.
- L’érotisme est l’une des bases de la connaissance de soi, aussi indispensable que la poésie.
- Un véritable homme de lettres, à la pensée de sa mort, est triste moins de mourir que de ne pouvoir concevoir sur la mort ne fût-ce qu’une seule pensée originale.
- La poésie commence à sourdre lorsqu’elle croise les méandres de l’existence du poète. Elle est réponse au vide, à l’immensité, à l’inquiétude intérieure qui nous habite lorsque, soudain, tout se tait et qu’il faut traduire le silence.