Biographie courte et informations sur François-René de Chateaubriand
François-René de Chateaubriand naît en 1768 à Saint-Malo, issu d’une famille noble bretonne. Après des études en Bretagne, il rejoint l'armée et devient capitaine. À Paris, il se lie avec des écrivains et commence à écrire. Il voyage en Amérique puis en Méditerranée. Royaliste convaincu, il devient diplomate, ambassadeur, puis ministre des Affaires étrangères entre 1822 et 1824 sous la Restauration. Auteur majeur du romantisme, il publie « Atala », « René » et ses « Mémoires d’outre-tombe ». Chateaubriand incarne un tournant littéraire et politique du début du XIXe siècle.
- Les plaisirs de la jeunesse reproduits par la mémoire sont des ruines vues au flambeau.
- Je vois les reflets d’une aurore dont je ne verrai pas se lever le soleil.
- L’amour est suivi des plus cruelles incertitudes : on doute toujours si l’on est aimé comme l’on aime.
- Les forêts précèdent les peuples, les déserts les suivent.
- La poésie c’est le chant intérieur.
- C’est une très méchante manière de raisonner que de rejeter ce qu’on ne peut comprendre.
- Le malheur qui se perpétue produit sur l’âme l’effet de la vieillesse sur le corps; on ne peut plus remuer; on se couche.
- La pensée agit sur le corps d’une manière inexplicable; l’homme est peut-être la pensée du grand corps de l’univers.
- L’éloquence est un fruit des révolutions : elle y croit spontanément et sans culture.
- Ce qu’on dit d’un malheur, qu’il n’arrive jamais seul, on le peut dire des passions : elles viennent ensemble, comme les Muses ou comme les Furies.
- Il ne m’a manqué pour réussir dans le monde qu’une passion et un vice, l’ambition et l’hypocrisie.
- Il paraît que l’on n’apprend pas à mourir en tuant les autres.
- Le grand tort des hommes, dans leur songe de bonheur, est d’oublier cette infirmité de la mort attachée à leur nature.
- La mort ne révèle point les secrets de la vie.
- La vérité est qu’aucun système d’éducation n’est en soi préférable à un autre système : les enfants aiment-ils mieux leurs parents aujourd’hui qu’ils les tutoient et ne les craignent plus ?
- Le sommeil dévore l’existence, c’est ce qu’il y a de bon.
- Suicide. Ce moyen qui nous soustrait à la persécution des hommes.
- Tout nous ramène à quelque idée de la mort, parce que cette idée est au fond de la vie.
- O misère de nous ! Notre vie est si vaine qu’elle n’est qu’un reflet de notre mémoire.
- Comment renoncer aux usances câlines, au confort, au bien-être indolent de la vie ?
- En ce temps-là, la vieillesse était une dignité; aujourd’hui, elle est une charge.
- La vieillesse est une voyageuse de nuit : la terre lui est cachée; elle ne découvre plus que le ciel.
- Sincère et véridique, je manque d’ouverture de coeur; mon âme tend incessament à se fermer.
- La mort, selon les sauvages, est une grande femme fort belle, à laquelle il ne manque que le coeur.
- La mort fait ou défait un grand homme; elle l’arrête au pas qu’il allait descendre, ou au degré qu’il allait monter : c’est une destinée accomplie ou manquée...
- Les Français vont instinctivement au pouvoir. Ils n’aiment pas la liberté; l’égalité seule est leur idole. Or l’égalité et le despotisme ont des liaisons secrètes.
- Chaque homme renferme en soi un monde à part, étranger aux lois et aux destinées générales des siècles.
- Pour ne pas avouer l’amoindrissement de territoire et de puissance que nous devons à Bonaparte, la génération actuelle se console en se figurant que ce qu’il nous a retranché en force, il nous l’a rendu en illustration.
- Les documents de la sagesse humaine étaient rangés par ordre alphabétique dans l’Encyclopédie.
- La mémoire est souvent la qualité de la sottise; elle appartient généralement aux esprits lourds, qu’elle rend plus pesants par le bagage dont elle les surcharge.
- Il n’y a point d’âge légal pour le malheur.
- Elle était régulièrement belle; l’on remarquait sur son visage je ne sais quoi de vertueux et de passionné dont l’attrait était irrésistible.
- C’est une grande erreur que d’attribuer l’innocence à l’état sauvage; tous les appétits de la nature se développent sans contrôle dans cet état : la civilisation seule enseigne les qualités morales.
- Aujourd’hui que je regrette encore mes chimères sans les poursuivre, je veux remonter le penchant de mes belles années : ces Mémoires seront un temple de la mort élevé à la clarté de mes souvenirs.
- Rien ne brise le coeur comme la simplicité des paroles dans les hautes positions de la société et les grandes catastrophes de la vie.
- L’amour décroît quand il cesse de croître.
- Son corps gît délaissé sur un grabat, d’où le juge est obligé de le faire enlever, non comme le corps d’un homme, mais comme une immondice dangereuse aux vivants.
- Une loi n’est pas toujours obligatoire; elle peut toujours être changée par une autre loi : contrairement à cela, la morale est permanente; elle a sa force en elle même, parce qu’elle vient de l’ordre immuable; elle seule peut donc donner la durée.
- La méchanceté est de tous les esprits le plus facile. Rien n’est si aisé que d’apercevoir un ridicule ou un vice et de s’en moquer : il faut des qualités supérieures pour comprendre le génie et la vertu.
- Je passai à Pergame, voulant d’abord aller à Troie, par piété poétique; une chute de cheval m’attendait au début de ma route; non pas que Pégase bronchât, mais je dormais.
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