Je passai à Pergame, voulant d’abord aller à Troie, par piété poétique ; une chute de cheval m’attendait au début de ma route ; non pas que Pégase bronchât, mais je dormais.
Écrivain, 1768-1848Je passai à Pergame, voulant d’abord aller à Troie, par piété poétique ; une chute de cheval m’attendait au début de ma route ; non pas que Pégase bronchât, mais je dormais.
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Mémoires d’outre-tombe (1848), Deuxième partie, livre IV
J’abandonnai, au berceau de Mélésigène, mon pauvre drogman Joseph, le Milanais, dans sa boutique de ferblantier, et je m’acheminai vers Constantinople.Je passai à Pergame, voulant d’abord aller à Troie, par piété poétique; une chute de cheval m’attendait au début de ma route; non pas que Pégase bronchât, mais je dormais.J’ai rappelé cet accident dans mon Itinéraire; Julien le raconte aussi, et il fait, à propos des routes et des chevaux, des remarques dont je certifie l’exactitude.
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Cette nuit de Pâque, je restai longtemps tout sommeil enfui, à me demander si je n’étais pas de ceux qui, toute leur vie, seraient condamnés à hésiter au bord de l’abîme.
Oublié de tous, condamné à ronger ma mémoire et mes os, j’ai gardé jour et nuit les chemins d’Ainielle sans permettre à personne d’approcher du village.
Et je m’en vais, au vent mauvais, qui m’emporte Deçà, delà Pareil à la Feuille morte.
J’avais la tête bruissante comme après un long voyage en diligence.
Le malheur vient à cheval et s’en retourne à pied.
Le temps mit bientôt sur mon cœur ulcéré l’arnica de l’oubli. Un clou chasse l’autre, une femme aussi.
Tous les jours j’me couche aux aurores. Et j’pars au taf avec une gueule d’enterrement comme si j’étais croque-mort.
Telle était la fatigue de son long voyage qu’il s’endormit, malgré le trouble extrême de sa pensée, de ce sommeil obscur de la bête recrue, où il n’y a plus place même pour le rêve.
Je l’ai attendue. Le silence se couvrait, hâtait les progrès de l’ombre. Je revoyais des hivers perdus et les brouillards qui avaient bleui la terre. Sous les ciels gris, les ruisseaux emportaient, avec un grand bruit d’argent, une moisson de fleurs.
J’étais au milieu de la forêt, il y avait deux chemins devant moi, j’ai pris celui qui était le moins emprunté, et là, ma vie a commencé.

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