Cette nuit de Pâque, je restai longtemps tout sommeil enfui, à me demander si je n’étais pas de ceux qui, toute leur vie, seraient condamnés à hésiter au bord de l’abîme.
Image : Cette nuit de Pâque, je restai...

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- J’ai quitté Eden dans un train d’enfer, craché eau d’vie sur le feu incendiaire.
- J’ai vis-à-vis sur l’enfer, j’vis ma vie sans m’en faire, j’sais qu’la suite c’est l’Eden.
- En ces fêtes pascales où la vie triomphe sur la mort, l’espérance sur le désespoir, nous devons plus que jamais croire aux Pâques françaises tant il est vrai que c’est la nuit qu’il est beau de croire en la lumière.
- Je vogue en même mer et craindrais de périr Si ce n’est que je sais que cette même vie N’est rien que le fanal qui me guide au mourir.
- Je passai à Pergame, voulant d’abord aller à Troie, par piété poétique; une chute de cheval m’attendait au début de ma route; non pas que Pégase bronchât, mais je dormais.
- Le vent faillit me faire tomber de la passerelle, dès j’y eus posé le pied. Il venait du désert, libre et sauvage. Il remplit mes bronches d’un seul coup, à éclater de chaleur, d’oxygène et de lumière. Depuis plus de vingt-quatre heures, j’étais mort à toute sensation, sauf à celle-là : l’appel de la vie.
- Seuls ceux qui ont eu faim avec moi et se sont tenus près de moi quand j’ai traversé une mauvaise période à un moment de la vie, mangeront à ma table.
- Oublié de tous, condamné à ronger ma mémoire et mes os, j’ai gardé jour et nuit les chemins d’Ainielle sans permettre à personne d’approcher du village.
- Je ne crois pouvoir comparer mieux qu’au mal de mer ces vertiges du coeur et de l’âme. La vie sans Marthe, c’était une longue traversée.
- Je regarde avec stupéfaction ceux qui demeurent optimistes jusqu’à la fin de leur vie. Si j’étais Dieu, et si j’avais son âge, je serais découragé.
- Je rêvais peu dans ce temps-là, ou plutôt je croyais sentir que la faculté de rêver s’était transformée en moi. Il me semblait qu’elle avait passé des impressions du sommeil dans celles de la vie réelle.
- Peut-être était-ce la vie, tout simplement ? Redevenir sans cesse orphelin. On devrait nous le dire à la naissance : mets ton coeur dans une valise, prépare-toi à voyager.
- Qui n’a été terrifié par cette idée qu’il allait un jour oublier sa vie ?
- S’attendre au pire, à quelque chose de pis que la chute, tout en chutant, c’était un peu la conception que j’avais de la vie.
- Dans le temps, si on t’avait foutu à la lourde chaque fois que t’as fait des conneries, t’aurais passé ta vie dehors.