J’ai vis-à-vis sur l’enfer, j’vis ma vie sans m’en faire, j’sais qu’la suite c’est l’Eden.
Attribution non vérifiée, l’œuvre d’origine n’a pas été retrouvée. Vous connaissez la source ?Comment nous vérifions
J’ai vis-à-vis sur l’enfer, j’vis ma vie sans m’en faire, j’sais qu’la suite c’est l’Eden.
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Il me vient cette pensée affreuse que j’ai renoncé au paradis et que je suis en train de piétiner aux portes de l’enfer.
J’ai quitté Eden dans un train d’enfer, craché eau d’vie sur le feu incendiaire.
Quand je mourrai, j’irai au paradis, c’est en enfer que j’ai passé ma vie.
Mais le moment est venu où j’ai compris que je ne pouvais plus me leurrer moi-même, que ce n’était pas un crime d’être vivante, que c’était Dieu qui m’avait faite ainsi, que j’avais besoin d’aimer et de vivre.
L’enfer, ce lieu Ne me parlant plus de Dieu ?
Le monde où nous vivons est un tripot et un mauvais lieu. J’ai honte que Dieu m’y voie.
Le malheur a été mon dieu. Je me suis allongé dans la boue. Je me suis séché à l’air du crime. Et j’ai joué de bons tours à la folie.
L’enfer, ce n’est pas les autres, c’est l’absence de tout autre.
Cette nuit de Pâque, je restai longtemps tout sommeil enfui, à me demander si je n’étais pas de ceux qui, toute leur vie, seraient condamnés à hésiter au bord de l’abîme.
J’habite une blessure sacrée, j’habite des ancêtres imaginaires, j’habite un vouloir obscur, j’habite un long silence, j’habite un voyage de mille ans, j’habite une guerre de trois cent ans, j’habite un culte désaffecté.

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