Je regarde avec stupéfaction ceux qui demeurent optimistes jusqu’à la fin de leur vie. Si j’étais Dieu, et si j’avais son âge, je serais découragé.
Écrivain, 1862-1949Je regarde avec stupéfaction ceux qui demeurent optimistes jusqu’à la fin de leur vie. Si j’étais Dieu, et si j’avais son âge, je serais découragé.
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Devant Dieu
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Dieu fit la douce illusion
Pour les heureux fous du bel âge ;
Pour les vieux fous, l’ambition,
Et la retraite pour le sage.
Si un jour votre cœur allait être mordu par le pessimisme et rongé par le cynisme, puisse Dieu avoir pitié de votre âme de vieillard.
Dans un monde où l’on est capable de tout prévoir sauf le trépas, la longévité possède un caractère ludique.
Si les mortels se décidaient à rompre avec la Sagesse et vivaient sans cesse avec moi (la folie), au lieu de l’ennui de vieillir, ils connaîtraient la jouissance d’être toujours jeunes.
Dieu n’est pas fou. Et malgré quelques fantaisies comme la famine, la peste, la guerre et les inondations, tout me fait croire que Dieu est une personne de bon sens. D’ailleurs, à l’âge qu’il a, le contraire serait bien étonnant.
Qui suis-je ? A 98 ans, je cherche encore. Je sais que j’ai fait des erreurs et j’ai ma part de regrets. Mais dans l’ensemble, la vie a été bonne pour moi. Comme on dit en yiddish, ce pourrait être un verset.
Mais non ; je ne veux point d’une félicité que peut flétrir la clairvoyance. Il faut savoir retrouver le bonheur par delà. Acceptation ; confiance ; sérénité ; vertus de vieillard. L’âge de la lutte avec l’ange est passé.
La vieillesse bien comprise est l’âge de l’espérance.
Si Dieu était élu démocratiquement par tous les fidèles, si ses revenus étaient soumis à l’impôt et s’il était tenu de prendre sa retraite à soixante cinq ans… Je deviendrais peut-être croyant.
Je suis charmé de me croire immortel comme Dieu même.

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