Je ne crois pouvoir comparer mieux qu’au mal de mer ces vertiges du cœur et de l’âme. La vie sans Marthe, c’était une longue traversée.
Écrivain, 1903-1923Je ne crois pouvoir comparer mieux qu’au mal de mer ces vertiges du cœur et de l’âme. La vie sans Marthe, c’était une longue traversée.
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Le Diable au corps (1923)
Ma mère remarqua que j’avais les yeux rouges. Mes sœurs rirent parce que je laissais deux fois de suite retomber ma cuillère à soupe. Le plancher chavirait. Je n’avais pas le pied marin pour la souffrance. Du reste,je ne crois pouvoir comparer mieux qu’au mal de mer ces vertiges du cœur et de l’âme. La vie sans Marthe, c’était une longue traversée.Arriverais-je? Comme, aux premiers symptômes du mal de mer, on se moque d’atteindre le port et on souhaite mourir sur place, je me préoccupais peu d’avenir. Au bout de quelques jours, le mal, moins tenace, me laissa le temps de penser à la terre ferme.
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Tout de même je l’aimais davantage maintenant ; elle était loin ; la présence, en écartant de nous la seule réalité, celle qu’on pense, adoucit les souffrances, et l’absence les ranime, avec l’amour.
L’inquiétude, où s’inscrit l’intolérable décalage entre la réalité et la vie rêvée, cherche sur les quais de départ, dans des amours impossibles, au bistrot, la route des grandes évasions. Mais cette âme entraînée est une âme qui rebondit.
Tant que mon faible cœur, encore plein de jeunesse A ses illusions n’aura pas dit adieu…
Qui ne voit pas la mort en rose est affecté d’un daltonisme du cœur.
Le temps mit bientôt sur mon cœur ulcéré l’arnica de l’oubli. Un clou chasse l’autre, une femme aussi.
Quelle raison a-t-on pour croire que la séparation de l’âme et du corps ne puisse se faire sans une douleur extrême ?
Rien n’est plus tragique que de rencontrer un individu à bout de souffle, perdu dans le labyrinthe de la vie.
À force de remettre à plus tard, la vie passe.
Mieux vaut perdre sa vie que son âme.
L’étonnant, c’est qu’il ait souffert si longtemps : il usurpait sa vie.

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