Tant que mon faible cœur, encore plein de jeunesse A ses illusions n’aura pas dit adieu…
Écrivain, 1810-1857 Image : Charles Landelle, Domaine public, Wikimedia Commons Tant que mon faible cœur, encore plein de jeunesse A ses illusions n’aura pas dit adieu…
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Poésies nouvelles (1850), L’Espoir en Dieu
Tant que mon faible cœur, encor plein de jeunesse, À ses illusions n’aura pas dit adieu, Je voudrais m’en tenir à l’antique sagesse Qui du sobre Épicure a fait un demi-dieu. Je voudrais vivre, aimer, m’accoutumer aux hommes, Chercher un peu de joie et n’y pas trop compter, Faire ce qu’on a fait, être ce que nous sommes, Et regarder le ciel sans m’en inquiéter. Je ne puis; — malgré moi l’infini me tourmente. …
Texte du domaine public, transcription Wikisource (CC BY-SA).
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Mais non, ma jeunesse est finie…
Adieu, doux rayon qui m’a lui,
Parfum, jeune fille, harmonie…
Le bonheur passait, il a fui !
Tu voudrais ranimer mon cœur : Sur ce front pâle et sans jeunesse Ne vois-tu pas que la tristesse A banni l’espoir du bonheur ?
Peut-être l’avenir me gardait-il encore
Un retour de bonheur dont l’espoir est perdu !
Peut-être, dans la foule, une âme que j’ignore
Aurait compris mon âme, et m’aurait répondu !…
Malheur à celui qui, au milieu de la jeunesse, s’abandonne à un amour sans espoir.
Mais il est triste de se dire Qu’on a gaspillé sa jeunesse, qu’on l’a trahie à chaque instant Et qu’elle nous l’a bien rendu, que les meilleurs de nos désirs, que les plus pures rêveries Sont allés à la pourriture Comme les feuilles de l’automne.
À la jeunesse qui s’envole, a la gloire, au plaisir frivole, j’ai dit l’adieu fier de Caton.
Si les mortels se décidaient à rompre avec la Sagesse et vivaient sans cesse avec moi (la folie), au lieu de l’ennui de vieillir, ils connaîtraient la jouissance d’être toujours jeunes.
Mauvais souvenirs… Soyez pourtant les bienvenus, vous êtes ma jeunesse lointaine.
Il était impossible de voir un vieillard plus jeune et plus vif, buvant sec et ne se grisant jamais, chantant et folâtrant avec la jeunesse sans jamais se rendre ridicule, parce qu’il avait l’esprit chaste et le cœur naïf.
Tout est routine passé les élans de la jeunesse, les plus belles, nobles aventures, ça s’aboutit dans les scribouillages fastidieux… à votre bon cœur messieurs dames enivrés d’émotions fortes !

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