Peut-être l’avenir me gardait-il encore
Un retour de bonheur dont l’espoir est perdu !
Peut-être, dans la foule, une âme que j’ignore
Aurait compris mon âme, et m’aurait répondu !…
Poète, 1790-1869Peut-être l’avenir me gardait-il encore
Un retour de bonheur dont l’espoir est perdu !
Peut-être, dans la foule, une âme que j’ignore
Aurait compris mon âme, et m’aurait répondu !…
Poète, 1790-1869Partager sur
Source vérifiée
Œuvres complètes de Lamartine (1820), « L’Automne »
… L’air est si parfumé! la lumière est si pure! Aux regards d’un mourant le soleil est si beau! Je voudrais maintenant vider jusqu’à la lie Ce calice mêlé de nectar et de fiel: Au fond de cette coupe où je buvais la vie, Peut-être restait-il une goutte de miel!Peut-être l’avenir me gardait-il encore Un retour de bonheur dont l’espoir est perdu! Peut-être, dans la foule, une âme que j’ignore Aurait compris mon âme, et m’aurait répondu!…La fleur tombe en livrant ses parfums au zéphire; À la vie, au soleil, ce sont là ses adieux: Moi, je meurs; et mon âme, au moment qu’elle expire, S’exhale comme un son triste et mélodieux.
Texte du domaine public, transcription Wikisource (CC BY-SA).
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Le destin me sourit mais sans me rendre le moins heureux.
Tant que mon faible cœur, encore plein de jeunesse A ses illusions n’aura pas dit adieu…
Au fond, n’était-ce pas cela le bonheur ? Une parenthèse pendant laquelle, sans penser au passé ou à l’avenir, on arrive à s’enfuir de soi-même ?
Souvenirs ou regrets, espérance ou désir, avenir et passé se taisaient ; je ne connaissais plus de la vie que ce qu’en apportait, en emportait l’instant.
Lorsque j’avais découvert le Domaine sans nom, j’étais à une hauteur, à un degré de perfection et de pureté que je n’atteindrai jamais plus. Dans la mort seulement, comme je te l’écrivais un jour, je retrouverai peut-être la beauté de ce temps-là…
À cet âge, la vie paraissant infinie, j’aurais donné la moitié de ce qui me restait à vivre pour avoir la certitude, exprimée par un mot doux, d’être aimé.
Et l’espoir, malgré moi, c’est glissé dans mon cœur.
En ce monde vain – que j’ai quitté et rejeté – puisse la lune – plus ne demeurer, de sorte – que mon cœur ne s’y attache !
On me croit pessimiste, mais ceux qui ne savent pas que je recherche avant tout le bonheur, la sainte joie de vivre, ceux-là ne me connaissent ni ne me comprennent pas du tout. Tout ce qui est triste me paraît suspect.
Le cœur de l’homme ne rougira plus, il ne se perdra plus, je reviens de moi-même, de toute éternité.

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