Quelle raison a-t-on pour croire que la séparation de l’âme et du corps ne puisse se faire sans une douleur extrême ?
Écrivain, 1707-1788Quelle raison a-t-on pour croire que la séparation de l’âme et du corps ne puisse se faire sans une douleur extrême ?
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Histoire naturelle
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L’âme ne se sépare pas du corps avec plus de douleur que l’homme de sa grandeur.
De quelque désespoir qu’une âme soit atteinte, la douleur est toujours moins forte que la plainte.
Cet affranchissement et cette séparation de l’âme d’avec le corps, n’est-ce pas cela qu’on appelle la mort ?
Comment n’êtes-vous pas révolté par la douleur humaine ? Cette sorte de placidité serait-elle la sagesse ?
La douleur, c’est comme un corps étranger. On finit par fabriquer une coque, pour ne plus la sentir. Mais on ne peut pas guérir de ce qu’on ne sent pas.
Le retrait dans une rupture c’est de la douleur mâtinée d’orgueil et de fierté, il n’y a ni orgueil ni fierté ni protection de soi par soi même en amour !
L’esprit peut être plus douloureux que le corps…
Souviens-toi que la douleur élève les âmes vraiment grandes et que ce n’est que le vulgaire qu’elle rend méchant.
Un corps chétif affaiblit l’âme.
À vingt ans, la rupture entre le plein et le vide est brutale. On ne sait pas se prévenir de la souffrance. Le bonheur qui nous arrive, on le croit éternel. Puis un jour on s’aperçoit que l’un et l’autre se remplace : la souffrance, le bonheur.

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