Telle était la fatigue de son long voyage qu’il s’endormit, malgré le trouble extrême de sa pensée, de ce sommeil obscur de la bête recrue, où il n’y a plus place même pour le rêve.
Écrivain, 1862-1923Telle était la fatigue de son long voyage qu’il s’endormit, malgré le trouble extrême de sa pensée, de ce sommeil obscur de la bête recrue, où il n’y a plus place même pour le rêve.
Écrivain, 1862-1923Partager sur
Source vérifiée
La Colline inspirée (1913), chapitre IV
Texte du domaine public, transcription Wikisource (CC BY-SA).
Une erreur ? Proposer une correctionSignaler
À côté de son cher corps endormi, que d’heures des nuits j’ai veillé, cherchant pourquoi il voulait tant s’évader de la réalité.
Il se dit qu’il ne devait pas avoir peur de la mort. Il se dit que ce serait comme un sommeil, éternel et insouciant, un temps blafard sans temps ni rêves.
Je n’avais pas dormi depuis quarante-huit heures, ou plutôt j’avais sommeillé en permanence pendant cette interminable durée brumeuse de voyage ininterrompu, où, dans des heures égales, les jours ne se différenciaient pas des nuits.
Mais l’homme s’était nourri si longtemps de ses rêves que, mis en face de la brutale réalité, il ne put se résoudre à les voir disparaitre sans tenter un dernier effort.
Le sommeil, aventure sinistre de tous les soirs.
Il demeurait immobile, abruti d’étonnement et de souffrance…
L’absence. Le lit comme un désert. J’ai mesuré la durée de mon sommeil à l’étendue qui nous sépare.
Il n’y a que le sommeil qui permette d’échapper à l’incertitude et à l’angoisse.
Veille autant que tu peux ; et, fuyant la mollesse, des douceurs du repos n’use que sobrement ; Car le trop long sommeil engendre la paresse, qui sert au vice d’aliment.
Le sommeil annule le temps qui n’existe que dans notre imagination. En vous réveillant dans l’obscurité, vous ne savez pas si vous avez dormi dix secondes ou dix heures.

Téléchargez-la gratuitement pour la partager sur Instagram, WhatsApp ou Pinterest, en gardant le nom de l’auteur.