C’est une grande erreur que d’attribuer l’innocence à l’état sauvage ; tous les appétits de la nature se développent sans contrôle dans cet état : la civilisation seule enseigne les qualités morales.
Écrivain, 1768-1848C’est une grande erreur que d’attribuer l’innocence à l’état sauvage ; tous les appétits de la nature se développent sans contrôle dans cet état : la civilisation seule enseigne les qualités morales.
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Analyse raisonnée de l'histoire de France: et fragments depuis Philippe VI jusqu'à la bataille de Poitiers : suivis de l'analyse raisonnée de l'histoire de France depuis Jean II jusqu'à Louis XVI
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Le mal moral est incontestablement notre ouvrage, et le mal physique ne serait rien sans nos vices qui nous l’ont rendu sensible. N’est-ce pas pour nous conserver que la Nature nous fait sentir nos besoins ?
C’est là-dessus qu’est bâtie la civilisation, la culpabilité. C’est une émotion sous-estimée.
C’est l’idée morale des choses qui nous effraye ; un serpent nous fait horreur dans la nature, et les boudoirs de jolies femmes sont remplis d’ornements de ce genre : tous les animaux en pierre que nous ont laissés les Égyptiens, des crapauds, etc.
La moralité est une création sociale, qui s’est agglomérée au cours des âges. Mais le nourrisson deviendra un sauvage si on ne l’éduque, si on ne lui donne un certain vernis de cette moralité abstraite qui s’est accumulée le long des siècles.
Tout se passait comme si la seule manière pour les humains de comprendre les problèmes de l’écologie était de commencer par détruire la nature.
Comme la bonté, comme la violence, comme la gourmandise, comme tout le reste, l’instinct de la conservation n’est pas également réparti sur la masse des individus.
La culture n’est pas un plaisir. La culture, c’est un effort permanent de l’être pour échapper à sa vile condition de primate sous-civilisé.
L’irrévérence va de pair avec la culture, l’intelligence, la morale. Seule, elle devient gratuite.
La conscience écologique vient d’une menace, non d’une espérance ; elle nous amène à repenser non seulement notre relation à la nature, mais notre histoire et notre civilisation.
La civilisation crée forcément plus d’entraves à la liberté que l’état sauvage, mais il faut supporter ces entraves pour s’élever de la barbarie à la civilisation.

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