Comme la bonté, comme la violence, comme la gourmandise, comme tout le reste, l’instinct de la conservation n’est pas également réparti sur la masse des individus.
Écrivain, 1858-1929Comme la bonté, comme la violence, comme la gourmandise, comme tout le reste, l’instinct de la conservation n’est pas également réparti sur la masse des individus.
Écrivain, 1858-1929Partager sur
Source vérifiée
La Philosophie de Georges Courteline (1917), chapitre II
Le texte original diffère de quelques mots.
Comme la bonté, comme la violence, comme la gourmandise, comme tout le reste, l’instinct de la conservation n’est pas également réparti sur la masse des individus.Chacun en a reçu une dose plus ou moins forte, qui le porte à accepter d’une âme plus ou moins sereine la perspective de l’Inéluctable auquel tout aboutit et qui fait que nous devons, dans la guerre, chercher de préférence les héros chez les pauvres diables d’hommes venus au …
Texte du domaine public, transcription Wikisource (CC BY-SA).
Une erreur ? Proposer une correctionSignaler
Même chez les jaloux, l’instinct de conservation est tel qu’il leur fait préférer, en fin de compte, l’image de la réalité qu’on leur présente à celle qu’ils devinent et redoutent de voir confirmer.
Il n’y a que le physique de cette passion qui soit bon ; malgré ce que peuvent dire les gens épris, le moral n’en vaut rien.
On gagne plus par l’amitié et la modération que par crainte. La violence peut avoir de l’effet sur les natures serviles mais non sur les esprits indépendants.
L’érotisme fait peur parce qu’il excelle dans l’excès, s’épanouit dans la surabondance et l’illimité. Il élève l’instinct au rang d’un art d’aimer, et donc de vivre.
Il faut que la raison règle nos passions, qu’elle leur donne un but utile, autrement elles nous ravalent au rang des animaux, ou elles nous conduisent au crime.
L’indignation morale ne lutte pas contre le mal au sens concret du terme. La légalité seule permet de sanctionner, c’est pourquoi je prétends que le plus sage, si l’on veut réduire les maux terrestres, consiste, comme le disait Kant, à favoriser un progrès de la légalité : la moralité suivra et non le contraire.
Une forme inférieure du respect, la peur. C’est tout le respect qu’on peut inspirer à la bête.
C’est une grande erreur que d’attribuer l’innocence à l’état sauvage ; tous les appétits de la nature se développent sans contrôle dans cet état : la civilisation seule enseigne les qualités morales.
Il est triste que la bonté n’accompagne pas toujours la force.
Gouverner, ce n’est pas recueillir, pour y trouver profit, la peur qui nous fait perdre raison, la haine qui nous rend incapables. Gouverner, ce n’est pas nous flatter ni nous ressembler quand nous devenons médiocres.

Téléchargez-la gratuitement pour la partager sur Instagram, WhatsApp ou Pinterest, en gardant le nom de l’auteur.