C’est l’idée morale des choses qui nous effraye; un serpent nous fait horreur dans la nature, et les boudoirs de jolies femmes sont remplis d’ornements de ce genre : tous les animaux en pierre que nous ont laissés les Égyptiens, des crapauds, etc.
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- Pourquoi ne pas profiter des contrepoisons de la civilisation, les bons livres.
- A l’ulcère du monde, il y a une grande cause générale : c’est l’asservissement au passé, le préjugé séculaire qui empêche de tout refaire proprement selon la raison et la morale.
- Nous sommes condamnés par une morale surannée à passer de l’état naturel directement, à l’état d’imbécillité passive, fonctionnante, et d’humiliation abjecte.
- Nous appelons dangereux ceux qui ont l’esprit fait autrement que nous et immoraux ceux qui n’ont pas notre morale.
- Relève de la morale ce qui blesse la pudeur.
- C’est la puissance oblique qui nous récompense de nos lâchetés. Le diable, c’est que la vertu est régulièrement punie. Ainsi va le monde des forces, et l’ironie est le langage du diable.
- Révolution ? Oui ! Mais entendez bien : il n’y a de vraie révolution que morale. Tout le reste est misère, sang gaspillé, larmes vaines.
- Extrême cruauté de notre société. On accepte seulement les «couples» comme dans l’Arche de Noé. Malheur à qui veut aller son chemin, solitaire.
- Tout notre mal vient de ne pouvoir être seuls : de là le jeu, le luxe, la dissipation, le vin, les femmes, l’ignorance, la médisance, l’envie, l’oubli de soi-même et de Dieu.
- Des copulateurs sans conscience. Ils ne s’obsèdent que sur la baise, le cinoche, le fric, la famille, tout ce qui tourne autour du sexe. Sous leur crâne, on ne trouve que du coton. Ils gobent tout, dieu comme la patrie, sans jamais se poser la moindre question.
- Si nous acceptions, vous ou moi, la responsabilité morale de ce que nous avons accompli au cours de notre existence, nous en mourrions ou nous deviendrions fous. Les êtres vivants ne sont pas construits pour comprendre ce qu’ils font.
- Compagne d’hommes innocents et paisibles, la bergeronnette semble avoir pour notre espèce ce penchant qui rapprocherait de nous la plupart des animaux, s’ils n’étaient repoussés par notre barbarie.
- Le plaisir donné est bien plus grand que le plaisir reçu. Il en peut être autrement chez beaucoup d’hommes : mais qui jamais s’avisera, en amour, de parler pour cette populace que notre morale cessera peut-être de produire ?
- Nos erreurs et nos divisions dans la morale viennent quelquefois de ce que nous considérons les hommes comme s’ils pouvaient être tout à fait vicieux ou tout à fait bons.
- Notre morale ? Une houppette pour nous-mêmes, une étrille pour les autres.