Révolution ? Oui ! Mais entendez bien : il n’y a de vraie révolution que morale. Tout le reste est misère, sang gaspillé, larmes vaines.
Écrivain, 1884-1966Révolution ? Oui ! Mais entendez bien : il n’y a de vraie révolution que morale. Tout le reste est misère, sang gaspillé, larmes vaines.
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Entretiens dans le tumulte
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L’indignation morale ne lutte pas contre le mal au sens concret du terme. La légalité seule permet de sanctionner, c’est pourquoi je prétends que le plus sage, si l’on veut réduire les maux terrestres, consiste, comme le disait Kant, à favoriser un progrès de la légalité : la moralité suivra et non le contraire.
C’est là-dessus qu’est bâtie la civilisation, la culpabilité. C’est une émotion sous-estimée.
La vie, sur Terre, est en train de mourir. L’ampleur du désastre est à la démesure de notre responsabilité. L’ignorer serait aussi insensé que suicidaire. Plus qu’une transition, je pense qu’il faut une révolution.
Nous sommes condamnés par une morale surannée à passer de l’état naturel directement, à l’état d’imbécillité passive, fonctionnante, et d’humiliation abjecte.
On devient moral dès qu’on est malheureux.
La vraie politique ne put donc pas faire un pas sans avoir auparavant rendu hommage à la morale.
La révolution, pour être créative, ne peut se passer ni d’une règle morale, ni d’une règle métaphysique pour contrebalancer la folie de l’histoire.
Si nous pouvions, en économie politique, laisser de côté cette terminologie damnée de la valeur, de la richesse, du revenu, du capital, mots si gros de vie latente, mais si corrompus par le péché originel !
L’argent tue. Le capitalisme tue ! Le libéralisme tue ! Il n’y a pas d’autre mot. Il tue !
Pour le révolutionnaire, c’est toujours le même éternel conflit entre la morale individuelle et la morale collective.

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