La civilisation crée forcément plus d’entraves à la liberté que l’état sauvage, mais il faut supporter ces entraves pour s’élever de la barbarie à la civilisation.
Image : La civilisation crée forcément plus d’entraves...

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- Un peuple ne sort de la barbarie que par l’acquisition d’une morale très stable. Dès qu’il l’a perdue, il retourne à la barbarie.
- Où sévit l’inégalité, sévit aussi l’injustice. Ne pouvant empêcher l’inégalité, loi irréductible de la nature, il faut bien se résigner à subir l’injustice.
- La nécessité, telle est la raison que l’on invoque pour toute atteinte à la liberté humaine. C’est l’argument des tyrans; c’est le credo des esclaves.
- Plus un corps social est petit, plus est garantie l’individualité de ses membres; plus sont grandes leur liberté relative et les possibilités d’une responsabilité consciemment assumée. Hors de la liberté, point de moralité.
- Les chemins qui mènent à la liberté et à la dignité humaine passent par bien des abîmes et ne sauraient donc mener d’un seul coup aux sommets...
- La liberté demande un creusement, c’est une matière amoureuse et sauvage. Elle jaillit certes comme une source mais après un long temps de cheminement souterrain.
- La vaillance et la fortune suffisent pour faire des conquêtes; mais la sagesse et la justice seules peuvent soumettre les peuples conquis.
- L’homme né pour la liberté, sentant qu’on cherche à l’asservir, aime souvent mieux se faire corsaire que de devenir esclave.
- Une terre de liberté offrait un asile à ceux qui fuyaient la liberté : rien ne prouve mieux le haut prix des institutions généreuses que cet exil volontaire des partisans du pouvoir absolu dans une pure démocratie.
- La tyrannie ne surgit et ne s’instaure dans aucun autre régime politique que la démocratie : c’est de l’extrême liberté que sort la servitude la plus totale et la plus rude.
- La civilisation et la barbarie s’excluent : la barbarie, c’est la guerre; la civilisation, c’est la paix.
- L’opposition civilisation barbarie s’effondre quand la barbarie est incluse dans la civilisation, quand l’inhumain est au coeur de l’humain.
- La tyrannie brise ou fortifie l’individu; la liberté l’amollit et en fait un fantoche. L’homme a plus de chances de se sauver par l’enfer que par le paradis.
- Le problème de la civilisation, tel qu’il se pose depuis que l’humanité a pris connaissance d’elle-même, est précisément de substituer aux énergies animales des forces disciplinées, harmonieuses, spiritualisées, de transformer les fanatismes et les idolâtries sauvages en certitudes fondées sur la raison, en convictions fondées sur les exigences de la conscience personnelle.
- Après l’écroulement de notre civilisation, de deux choses l’une : ou elle périra tout entière comme les civilisations antiques, ou elle s’adaptera à un monde décentralisé. Il dépend de nous, non pas de briser la centralisation, mais de préparer l’avenir.